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Coopération décentralisée du CGI : Les régions de Tambacounda et Kédougou (Sénégal)
Traditionnellement, la France et le Sénégal ont su nouer des liens d'échanges et d'entraide. Pays attachés à leur culture, ils ont en commun la sauvegarde de leur histoire et de leur patrimoine.

La première convention de partenariat entre le Conseil général de l'Isère et le Conseil régional de Tambacounda a été signée le 11 juillet 2002.
Le 3 novembre 2010 ont été signées à Dakar les conventions de coopération décentralisée qui lient le Conseil général de l’Isère et le Conseil régional de Tambacounda ainsi que le Conseil général de l’Isère et le Conseil régional de Kédougou, pour la période 2010-2012. Elles couvrent les principaux champs de coopération : le développement d’activités économiques, la planification territoriale, la gestion des ressources naturelles, la santé et action sociale, la valorisation culturelle ou l’éducation.
Cette coopération vise l'amélioration des conditions de vie des populations, en particulier en milieu rural, et le renforcement de la décentralisation dans les régions de Tambacounda et Kédougou, et, dans les deux territoires, la sensibilisation des populations à la solidarité internationale et la prise en compte des interdépendances Nord-Sud.
Depuis 2002, année de la première convention, les cinquante actions réalisées se sont inscrites au plus près des populations dans une logique de territoire à territoire. Une grande place est donnée aux associations ainsi qu'aux acteurs publics et privés. En 2008, une évaluation de la coopération a mis l'accent sur l'importance de la concertation.
Le programme 2010-2012, coécrit par les trois collectivités partenaires et les forces vives de chaque territoire, s'inscrit justement dans la logique de réalisation d'actions de développement autour d'un dispositif partenarial permanent de concertation, de programmation et de suivi. Il est cofinancé par le Ministère français des affaires étrangères et européennes et le Ministère sénégalais de la coopération internationale. Parmi les principaux axes de travail :
L’objectif est de permettre l’accès aux soins de santé primaire et de lutter contre la malnutrition. Des actions de soutien aux femmes sont aussi menées, notamment pour la promotion de leurs droits.
Des enseignants sénégalais et isérois échangent leurs savoirs et compétences en matière pédagogique et favorisent un regard réciproque au-delà des représentations grâce à l’éducation au développement.
L’ouverture à l’autre est un enjeu majeur de la coopération décentralisée. Ce volet est axé sur la valorisation des cultures locales, par exemple par l’appui aux ethnies dites minoritaires. Un soutien est aussi apporté à des organisations de bases, par exemple aux centres départementaux d’éducation populaire et sportive.
Les actions de valorisation du tourisme ont pour but de promouvoir la destination Sénégal Oriental, par l’accompagnement des acteurs touristiques et leur mise en synergie.
Le dispositif de renforcement des capacités de maîtrise d’ouvrage des collectivités sénégalaises est au cœur de ce volet ainsi que les échanges entre les collectivités locales.
L’appui institutionnel passe par :
Carrefour écologique où se mêlent espèces sahéliennes et soudaniennes, où se croisent des oiseaux migrateurs, le Boundou est une vaste zone de 120 000 hectares, ancienne zone de chasse, reconvertie en réserve communautaire par les quatre communautés rurales, représentant 21 villages. Sa création s’accompagne d’un plan de développement local, pour améliorer les conditions de vie locales tout en proposant de nouvelles activités respectueuses de l’environnement, génératrices de revenus.
Tous les deux mois, la lettre d'information "Brèves de la coopération" a pour but d'informer, d'échanger, d'éclairer sur les actions de chacun, et sur des sujets d'actualité concernant le partenariat Isère-Tambacounda-Kédougou.
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Dans le cadre du programme « Afrique-Isère, une saison pour l’Afrique », le service de coopération décentralisée, en partenariat avec de nombreuses associations iséroises, met en place des rencontres et évènements.
En avril, les femmes étaient à l’honneur. Penda N’Diaye, grande figure féministe dakaroise, invitée en Isère par le Comité d’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) nous a fait l’honneur de sa présence. Le 31 mars dernier, a été organisée en partenariat avec l’Association des Sénégalais de l’Isère et le CADTM, une rencontre-débat sur la place des femmes au Sénégal, au Patio de la Villeneuve. La diffusion du film « Yakar/l’espoir », de Michel Crozas, sur le parcours, les combats de Penda N’Diaye a permis d’animer le débat.
Un débat qui s'est poursuivi le lundi 4 avril, jour de la fête de l’indépendance du Sénégal, à l’Hôtel du Département. En présence de Penda N'Diaye ainsi que des nombreux acteurs isérois de la solidarité et de la coopération internationale, deux temps forts ont marqué cette journée : dans l’après-midi, un atelier de travail sur « Comment prendre en compte l’approche genre dans le cycle du projet ? », puis en soirée une restitution-débat en plénière.
Ces échanges permettront d’enrichir le Guide sur le développement durable et la coopération décentralisée actuellement en cours de réalisation. Ce dernier proposera à nos partenaires, une compilation d’expériences innovantes, d’outils de méthodologie, et présentera les différents projets menés dans le cadre des accords de coopération décentralisée du CGI avec ses territoires partenaires.
Le support de ces échanges est téléchargeable : Comment intégrer l'approche genre dans les projets de développement au Sud - ATELIER 1- ? 
Le développement touristique est l’un des axes principaux de la coopération entre le Conseil général de l’Isère et le Conseil régional de Kédougou. Les objectifs sont notamment de favoriser un renforcement des capacités des acteurs touristiques et de valoriser le territoire. C’est dans ce but qu’ont été formés des guides dans la région de Kédougou. En novembre 2011, 11 guides ont été reconnus officiellement par le Ministère sénégalais du Tourisme et de l’Artisanat.
Entretien avec Mouctar Diallo, Président de Taddeck, l’association des guides de Kédoudou
Quelles ont été les apports de la coopération Isère – Kédougou pour les guides de Kédougou ?
Dans notre région, il y avait des problèmes de chômage, plusieurs d’entre nous avaient abandonné l’école sans trouver de métiers. Avant, on accompagnait des touristes au village sans savoir que cela pouvait être un métier. A partir de la construction du campement de Dindefello grâce à l’appui de la coopération, nous avons pris conscience que le tourisme pouvait devenir un métier et apporter du développement. Les formations nous ont permis d’apprendre le métier de guide grâce aux formateurs de Tétraktys. Cette coopération est à la base de l’évolution de notre métier de guide. Après une dizaine d’années, nous avons réussi à être reconnus officiellement grâce à l’appui du Conseil régional de Kédougou, du Conseil Général de l’Isère et de Tétraktys. Nous nous sommes mobilisés autour d’une association pour travailler ensemble. En tant que Président de l’association des guides de Kégoudou, je remercie toutes les personnes qui sont intervenues dans les actions de la coopération qui a permis d’apporter beaucoup pour le développement de la région et qui a donné de l’espoir à de nombreuses personnes.
Que pensez-vous du module de formation Culture que les guides touristiques viennent de suivre ?
Cette formation spécifique à la culture est essentielle pour nous qui vivons dans une région riche de nombreuses ethnies. Jacques Barou (anthropologue, ethnologue) et Jean Paul Thiarthiar Bidiar nous ont appris beaucoup de choses. Avant, on se limitait à nos peu de connaissances. Nous souhaitons que cette formation soit renouvelée et dure plusieurs jours.
Quelles sont les perspectives pour l’association ?
Nous souhaitons obtenir en 2011 un bureau des guides pour réaliser des actions ensemble, réaliser un plan d’actions pour sensibiliser et travailler avec les populations dans les villages que nous visitons sur les avantages et risques liés au tourisme. Nous souhaitons également que l’accompagnement de la coopération continue notamment pour réaliser une formation de formateur de guides. Le prochain module de formation sur l’environnement prévu va nous permettre de recevoir l’accréditation pour exercer au sein du Parc National du Niokolo Badiar et nous apporter les connaissances nécessaires sur la nature.
Quelle est la forme de tourisme que l’association souhaite développer ?
D’après notre expérience, nous avons compris que le tourisme peut être différent en fonction des régions. Nous souhaitons développer à Kédougou un tourisme de culture et d’environnement pour faire découvrir les nombreuses richesses de la région.
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