Gestion de l'eau : une trajectoire pour la rivière Isère

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Longue de 286 km, la rivière Isère parcourt un bassin versant de 12 000 km².
Longue de 286 km, la rivière Isère parcourt un bassin versant de 12 000 km². © Caroline Thermoz-Liaudy

Publié le 23 sept. 2026

Depuis cet été, c'est l'Isère qui préside l'établissement public du bassin versant de la rivière éponyme. Une structure née de la nécessité de créer de la connaissance partagée par tous les acteurs, et de la volonté de dessiner une trajectoire commune.

Après un été passé sous la canicule et la sécheresse. Alors qu'au cours de la même année, on a pu expérimenter le manque d'eau et constater les dégâts des crues torrentielles et des inondations, la définition de l'eau comme ressource essentielle et comme bien à préserver, ne peut pas être mise en doute.

L'Isère, cheffe de file des acteurs du bassin versant de l'Isère

C'est dans ce contexte que, le 16 juillet dernier, Christophe Revil, par ailleurs vice-président du Département de l'Isère en charge de la gestion de l'eau, a été élu président de l'Etablissement public territorial du bassin versant de la rivière Isère (EPTB de l'Isère). Une structure publique née en 2025, dont les actions se veulent complémentaires à celles des Départements, afin de définir une stratégie globale à l'échelle de tout le bassin versant. "L'EPTB de l'Isère rassemble tous les acteurs du territoire : les 11 syndicats gemapiens, et les quatre Départements concernés par la rivière. Parmi eux, l'Isère et la Savoie sont les deux principaux, notamment par le nombre de kilomètres traversés. En conséquence, la présidence de l'EPTB est tournante entre les deux départements" explique Christophe Revil. L'Isère et la Savoie sont aussi les deux plus gros financeurs, à hauteur de 18 % chacun des dépenses, d'un budget essentiellement voué au fonctionnement et à la réalisation d'études (environ 400 000 euros). L'EPTB a aussi intégré un comité de concertation, qui compte environ 70 structures actrices de l'eau, et qui se réunit une fois par an : collectivités, industriels, hydroélectriciens, associations de consommateurs, acteurs de l'environnement, pêcheurs, agriculteurs…

Gestion de l'eau : harmoniser la vision globale et la réponse locale

L'élu isérois insiste sur le caractère exceptionnel de la rivière Isère. "C'est une rivière de montagne de plus de 286 kilomètres de long, depuis le glacier des sources à Val d'Isère, jusqu'à sa confluence avec le Rhône à proximité de Valence. Elle traverse de grandes villes, et reçoit des affluents très importants, comme l'Arc et le Drac. On a donc une rivière qui parcourt un bassin versant de 12 000 km². La rivière impacte et façonne le territoire, et est aussi source d'énergie puisqu'elle est le berceau de l'hydroélectricité. C'est une des rivières les plus équipées de France avec une vingtaine de grands barrages, auxquels s'ajoutent les autres équipements."

C'est en raison de cette diversité d'acteurs, de territoires et d'enjeux que la création de l'EPTB est devenue nécessaire. 

"Notre mission, c'est de construire une stratégie commune et globale pour ce que l'on nomme "le grand cycle de l'eau", à l'échelle du bassin versant de l'Isère. Nous ne sommes pas dans l'opérationnel, mais on travaille à apporter de la connaissance partagée à tous. Notre priorité est de renforcer les partenariats avec les acteurs de l'eau. On commande aussi des études sur ce qui impacte le cours d'eau".

Christophe Revil

Président de l'EPTB de l'Isère, et vice-président du Département en charge de l'eau

Christophe Revil : "Le Département de l'Isère est très engagé sur l'eau"

Parmi les champs d'actions pour lesquels l'EPTB veut organiser une réponse globale : la prévention des inondations, la gestion durable de la ressource, la préservation et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes… Et ce, même si pour l'heure, les effets du changement climatique sont moins visibles sur l'Isère que sur d'autres cours d'eau. "C'est une rivière très importante, donc on remarque moins les effets que sur les plus petits cours d'eau qui se retrouvent à sec. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'effet, et c'est aussi une raison pour organiser une réponse de façon anticipée".

 

Christophe Revil, vice-président du Département en charge de la politique Eau, a été élu président de l'EPTB de L'Isère en juillet. © EPTB Isere

Une réponse qui s'organise en subsidiarité avec les acteurs opérationnels. Pour cela, Christophe Revil reprend sa casquette de vice-président du Département. "Le Département de l'Isère est très engagé sur l'eau même si ce n'est pas une compétence obligatoire. Sur son territoire, il agit sur le "petit cycle de l'eau", qui comprend entre autres l'eau potable et l'assainissement, mais aussi sur le soutien aux agriculteurs irrigants, l'aide aux communes pour les travaux sur leur réseau… Le Département est aussi chef de file des syndicats gemapiens. Nos ingénieurs travaillent sur le suivi de la ressource, notamment sur une étude scientifique de deux ans sur l'état de la ressource dans le contexte de changement climatique".

Du patrimoine commun au patrimoine naturel

De l'industrie à l'agriculture, en passant par l'énergie et évidemment l'environnement, l'eau inonde tous les champs, y compris celui de la culture. L'année 2026 a d'ailleurs été décrétée année de l'eau en Isère, avec une saison culturelle 2026-2027 associée dans tous les musées du Département, au cours de la saison "Eau ! quelle histoire", qui célèbre l'eau comme patrimoine commun. 

"L'eau est passionnante. Sans elle il n'y a pas de vie. Toute notre histoire depuis la nuit des temps tourne autour de l'eau : elle a installé l'agriculture, elle a permis de se déplacer, elle est dévastatrice durant les crues, mais elle est aussi la source de l'hydroélectricité. Quand on l'utilise au quotidien, on ne la voit pas comme une richesse, on a oublié que s'en est une. Mais quand on doit instiller la culture de la sobriété, on doit réexpliquer ça".

Christophe Revil

Président de l'EPTB de l'Isère, et vice-président du Département en charge de l'eau

Pour boucler la boucle, le musée de l'Ancien évêché devrait bientôt proposer une exposition sur la rivière Isère.

Par: Caroline Thermoz-Liaudy