Roybon fête les 120 ans de sa statue de la liberté

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Publié le 28 sept. 2026

Le 25 septembre 2026, les Roybonnais ont fêté les 120 ans de la statue de la liberté qui trône sur la place du village. L'occasion de revenir sur ce monument, réplique au 1/16e de la statue de la liberté de New York.

Chants, poèmes, lectures, concours de dessins, concours de tartes aux pommes, jeux en bois, concerts... C'était jour de fête ce vendredi 25 septembre place de Saint-Romme à Roybon. La commune de Roybon a invité ses habitants à venir en costume d'époque partager ce moment historique et festif.

 

C'est notre histoire : c'était les 22 et 23 septembre 1906

En ce début 1904 E Mathias Saint-Romme est fébrile. Avocat au barreau de Grenoble mais surtout sénateur de l'Isère depuis 1894, il entend bien se faire réélire aux prochaines élections et cherche un bor moyen de rassembler son camp: les Républicains. A l'époque, la France est en effet sous tension, divisée entre catholiques et républicains. Son ami Jean Perraud, maire de Roybon, décide de lui donner un coup de pouce. Le 17 iuillet 1904. il constitue le Comité d'action et de défense républicaine du canton de Roybon et propose d'ériger, sur la place centrale du village, un monument à la mémoire de son père, Henri Saint-Romme, décédé 40 ans plus tôt. Ce dernier fut l'une des figures les plus influentes de l'Isère du XIXe siècle.

Parlementaire, procureur général près la cour d'appel de Grenoble, il fut surtout opposant historique à Napoléon III qui le fera "embastiller" quelque temps au fort de la Vitriolerie à Lyon. L'édifice doit rappeler aux Isérois le ferme engagement laïc et républicain d'Henri Saint-Romme.

Le 28 août 1904, Jean Perraud lance une souscription pour financer la construction du morument. L'ouvrage sera constitué d'un piédestal en pierre de l'Echaillon façonné par Georges Biron, flanqué de deux fontaines et d'un bas-relief en bronze représentant Henri Saint-Romme réalisé par le sculpteur dauphinois Auguste Davin. En quelques mois, 7 300 francs sont recueillis mais les travaux ne débutent qu'en juin 2006.

Entre-temps, Mathias Saint-Romme est réélu sénateur le 7 janvier 1906 et l'édifice, tant attendu, est inauguré dans la liesse les 22 et 23 septembre par le sous-secrétaire d’État chargé des postes et des télégraphes. Mais alors que nombre de donateurs s'attendaient à découvrir un monument dédié à la mémoire d'Henri Saint-Romme, une copie miniature de la Statue de la liberté de New-York trône sur le piédestal.

Que s'est-il passé ? Il faut remonter trente ans en arrière pour expliquer cet agencement de dernière minute En 1870. Mathias Saint-Romme, qui a alors 26 ans, s'engage avec les Francs-tireurs de l'Isère pour combattre les Prussiens. Durant ce conflit, il rencontrera à Dijon Auguste Bartholdi. Républicains et francs-maçons tous les deux, ils deviendront rapidement amis et se verront souvent à Paris où reside I'artiste. 

En 1875, le sculpteur commence à travailler sur l'œuvre qui le fera entrer dans I'Histoire : la Statue de la liberté éclairant le monde. Plusieurs maquettes sont construites avant d'édifier l'original, qui sera livré aux Américains en 1886. Dix-sept ans plus tard, une réplique exacte. à l'échelle 1/16e, est réalisée à la fonderie Durenne de Sommevoire dans la Haute-Marne.

Celle-ci pèse 550 kg et mesure 2,98 mètres de sa base au flambeau. Est-ce Bartholdi qui l'a commandée quelques mois avant sa mort en 1904 pour l'offrir à son ami Mathias Saint-Romme ? "C'est ce que tout le monde affirme", explique Gabriel Bret, un historien local qui s'appuie sur de nombreux témoignages oraux et écrits. Pourtant, on ne trouve nulle trace de cette statue entre sa fabrication en 1903 et son inauguration en 1906. Était-elle déjà à l'abri des regards au domicile de Mathias Saint-Romme ? Mystère ! Toujours est-il qu'elle fut offerte à la commune et scellée sur le monument Saint-Romme. Elle fait l'objet depuis de la curiosité de ses nombreux visiteurs.

Une vingtaine de statues de liberté en France

Si la "Statue de la liberté éclairant le monde" de New-York est unique dans ses proportions, une vingtaine de répliques miniatures ont été édifiées depuis le début du XXe siècle sur tous les continents : à Paris, Tokyo, Buenos-Aires mais également à Roybon en Isère.

Selon le professeur d’histoire et cultures architecturales Philippe Dufieux, "la commune de Roybon possède un monument atypique dans la statutaire publique française du début du XXe siècle, il s’agit d’un unicum ; une œuvre sans aucun équivalent dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce monument matérialise les débats passionnés du début du siècle dans une association inédite de la statue de la Liberté de Bartholdi avec un bas-relief d’une figure politique républicaine qui s’est distinguée par son opposition au coup d’État du 2 décembre 1851 et qui fut érigée par son fils en symbole de la défense de la liberté".

L'Isère leur apporta la liberté

Concue dès 1875 par Bartholdi dans les ateliers parisiens Mauduit-Gaget-Gauthier, avec l'aide de Gustave Eiffel pour l'ossature, la statue de la liberté éclairant le monde, qui trône aujourďhui sur l'île de Liberty Island à New-York et mesure 46,50 mètres de hauteur pour un poids de 200 tonnes, a été offerte officiellement aux Etats-Unis par les Français, le 4 juillet 1884, à Paris, pour fêter le centenaire de l'indépendance des Etats-Unis. 

Dès la fin de la cérémonie, le démontage et le numérotage des pièces commença. Transportée dans 70 wagons jusqu'à Rouen, la statue fut chargée le 5 mai 1885 à bord d'une frégate nommée... Isère. Celle-ci arriva aux Etats-Unis le 22 juin 1885. La frégate lsère, quant à elle, a été coulée par les Allemands en rade de Lorient durant la Seconde Guerre mondiale.

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