Exposition à l'Accueil Touristique des Entremonts

« Le bruit de l’obturateur »
Textes et photos de Emeline Desmarquoy

Extraits figés de voyages et autres baroudages. Quand explorer ailleurs permet de redécouvrir ici. Quand les regards errants sont parfois porteurs d’émerveillement. Quand au gré des heures, au gré des ans, au gré du vent, lorsque les paysages changent, seul reste ce bruit : celui de l’obturateur. Le petit « chlac » de l’instantané, clap d’impression d’un regard pixelisé. Œil dans le viseur, main sur l’objectif, pieds quelque part sur Terre. Oreilles attentives, qui attendent ce son familier qui viendra troubler le fond environnant. Suspense. L’image rendue sera-t-elle celle attendue ? Aura-t-on réussi à capter ce que l’on voulait montrer ? Rencontre. Entre le monde, un regard et un outil. Unis dans cet infime instant, ce tout petit bruit. Le bruit de l’obturateur.

Et puis, comme un défi personnel, surgit l’idée d’apposer des textes à chaque photographie présentée. Puisque la plume m’accompagne depuis plus longtemps encore que l’appareil photo. Étrangement, c’est à ce moment que vient la cohérence, à ce moment que l’exposition commence à faire sens.

J’interviens le moins possible sur mes photos. Juste quelques réglages, afin de retrouver la lumière et les couleurs de ce que mon regard a vu à ce moment-là. Juste pour retrouver ce que j’ai voulu capturer mais que mon vieux compagnon n’a pas pu enregistrer (les limites des outils, tout un sujet...). Mon travail s’effectue en amont, à la recherche du juste cadrage et de la juste lumière. De la juste harmonie. S’il y a un potentiel, mais qu’il manque un élément, ou que je sens que je n’arriverai pas à retranscrire correctement tout ce que je perçois, alors tant pis. Je laisse mes yeux profiter, savourant l’éphémère beauté et souhaitant qu’elle se montre au prochain passant.
Et... bon, en toute honnêteté, je m’amuse bien plus derrière mon appareil photo à fureter, que devant mon ordinateur à retoucher.

Appareil : Canon 1000D (le fidèle !)