Des vignerons qui cultivent la différence

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Les cépages anciens au cœur du vignoble isérois

Il y a un siècle et demi, l’Isère comptait 33 000 hectares de vignes. Aujourd’hui, le vignoble renaît à une autre échelle, mais avec une énergie nouvelle, portée par le Syndicat des vins de l’Isère : 72 hectares cultivés, 26 domaines, 328 000 bouteilles produites chaque année. Derrière ces chiffres se cache une ambition assumée : faire de la rareté et de l’originalité des atouts. Créé en 2006, le syndicat fédère 34 vignerons, défend l’IGP Isère et valorise les cépages anciens qui font l’identité du territoire. 

Faire de la rareté une force

Des Balmes dauphinoises au Trièves, en passant par les coteaux du Grésivaudan, 34 cépages sont travaillés, dont plusieurs variétés autochtones, comme la verdesse ou l’étraire de la Dhuy. “Elles sont nos ambassadrices. Dans un monde concurrentiel, la différence est une force”, souligne Sébastien Bénard, président du syndicat. Avec 60 % de la production IGP Isère conduite en bio ou biodynamie, les producteurs font le choix de la qualité plutôt que du volume. À rebours d’une viticulture standardisée, ils font aussi le pari de la diversité, y compris dans un même cépage. “La verdesse, par exemple, peut donner des vins secs, parfois effervescents, ou avec des notes de fruits exotiques, offrant un véritable terrain d’expression aux vignerons.” Longtemps délaissés, car plus acides et moins alcoolisés, les cépages anciens retrouvent aujourd’hui tout leur intérêt : “Ils répondent mieux aux défis du réchauffement climatique”, explique le président. Soutenu par le Département, le syndicat accompagne la filière, fait connaître les vins IGP Isère et multiplie les passerelles avec la gastronomie. Événement Grappes et Fourchettes, concours départemental (le 12 octobre), salon des vins (les 14 et 15 novembre au Fontanil-Cornillon)… autant d’occasions de faire découvrir ces cuvées locales. L’objectif est clair : 

Que les vins de l’Isère deviennent une évidence pour les chefs… et demain pour tous les Isérois.

Sébastien Bénard

Président du syndicat

Par: Sandrine Anselmetti