La course de la Résistance, une autre manière de commémorer le 8 mai

Lancement de la course de la Résitance 2024

Le 8 mai commémore la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945. Ce n’est pas qu’un jour férié ! Pour faire vivre cette date et son histoire, le Département invite chaque année les Isérois à participer à la Course de la Résistance. Le top départ sera cette année au Domaine départemental de Vizille. C’est donc au musée de la Révolution française que le président du Département Jean-Pierre Barbier, accompagné par la vice-présidente en charge de l’enfance, de la famille, de la jeunesse et des sports, Martine Kohly, a lancé la 10ème édition de la Course, en présence de la première adjointe au Maire de Vizille, Marie-Claude Argoud, de nombreux élus, et des associations locales de mémoire, culturelles et sportives.

 

Pour sa 10ème édition, labellisée 80 ans de la Libération par l’Etat, la Course de la Résistance, organisée par le Département de l’Isère, se déroulera sur deux territoires riches en histoire : l’Oisans et le plateau Matheysin, avec la ville hôte de Vizille.
Ce rendez-vous sportif et culturel, rempli de surprises pour les sportifs comme pour les familles, rappelle depuis 2015 le sens historique de la date du 8 mai, jour de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie en 1945.

 

Des épreuves sportives et historiques

Côté sportif, deux épreuves chronométrées seront au départ de Vizille pour la course de 8 km, et au départ de Livet-et-Gavet pour le trail de 38 km (inscriptions à partir du 15 février).

Les autres épreuves seront sans chronomètre avec :
3 parcours cyclotouristiques de 50 km, 110 km, 140 km qui permettront de relier tous les lieuxemblématiques et proposeront des parcours au sein du massif de l’Oisans et du plateau Matheysin ;
2 parcours de randonnées pédestres de 7km et 16km, pour découvrir la vie quotidienne à Vizille durant la Seconde Guerre mondiale d’après le journal intime de Marguerite Lebrun ;
des parcours pour le sport adapté : deux randonnées de 3,5 km et 7 km et une course de 8 km ;
des courses pour les enfants (inscription possible uniquement le jour J sur le village de la Course de la Résistance).

Un village d’animation proposera également de nombreuses animations sportives, culturelles et historiques accessibles à tous et gratuites. Un jeu de piste pour les familles permettra de découvrir les différents aspects de la Résistance. Enfin, des acteurs seront présents dans le Domaine pour intervenir de manière impromptue et surprendre les visiteurs avec des histoires singulières de la Résistance.

Tout le détail des parcours,
les tarifs et modalités d’inscription : coursedelaresistance.fr

 

Des lieux vibrants d’histoire

Initiée par le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, la Course de la Résistance s’installe cette année au Domaine départemental de Vizille, à la confluence de l’Oisans et du plateau matheysin.
La situation géographique et stratégique de l’Oisans permet à la Résistance de se déployer entre hautes montagnes et vallées. A travers l’histoire du plateau matheysin, se dessine l’histoire de la résistance communiste.


Les sites historiques emblématiques traversés seront :

Vizille : tout au long de la guerre, la ville est le théâtre des grands événements de la période. Albert Lebrun, dernier Président de la IIIe République, y trouve refuge avec sa femme Marguerite.
Cette dernière laisse à travers son journal un témoignage sur le vif. La Résistance s’organise dès 1942, autour d’Henri Duée, dit Renne, et de Gabrielle Giffard, dite Ariel (au centre sur l’affiche), tous deux membres du mouvement Combat. Lors de la Libération, le 22 août 1944, la ville est marquée par d’importants combats entre les Allemands retranchés dans le parc du château, et les maquisards soutenus par les Alliés. Le 5 septembre 1944 se tiennent au Château les Etats généraux de la Résistance. Les Comités départementaux de la Libération du Sud-Est affirment au cours d'une assemblée solennelle « leur volonté de réaliser les véritables libertés républicaines et d'instaurer un régime de justice sociale ».

 

L’Alpe d’Huez : le docteur Tissot rejoint la Résistance en Oisans en juin 1944 et installe un hôpital à l’Alpe d’Huez, au chalet du Signal. Lors de l’attaque de l’Oisans par les Allemands, l’hôpital compte alors 32 blessés, dont 6 à transporter. La décision d’évacuer l’hôpital vers les hauteurs de l’Alpette et les pentes des Grandes Rousses est prise le 11 août. La progression est lente et difficile, en raison de l’état de certains des blessés. Protégeant l’évacuation, les maquisards de l’Oisans combattent une division de chasseurs-alpins allemands sur les hauteurs de l’Alpette et en sortent vainqueurs le 14 août 1944.

 

Le lac du Poursollet : le 13 août 1944, alors que les Allemands délaissent le Vercors martyrisé, la section Porte, un des six groupes mobiles créés par Lanvin, se fait surprendre au lac du Poursollet. La section est complétement anéantie.

 

Le mémorial de l’Infernet : situé à Livet-et-Gavet, il rend hommage au maquis de l’Oisans. Sur ce monument aux morts figure 187 noms de maquisards ayant combattu les Allemands jusqu’au 22 août 1944. A travers cette liste de noms, certains permettent d’évoquer une histoire méconnue, celle des résistants indochinois qui ont rejoint les maquis par l’intermédiaire d’André Lespiau, alias « Lanvin » (à gauche sur l’affiche). Joseph Perrin, dit Paradis (à droite sur l’affiche), est à l’origine d’un premier maquis dans l’Oisans.

 

Le plateau matheysin est marqué par une longue tradition de luttes syndicales. La Résistance s’intensifie sur le plateau dès le début de l’année 1943 par des grèves et des vols d’explosifs. Les Francs-tireurs et Partisans sabotent les outils de production, désorganisant l’exploitation des mines. En aout 1944, plusieurs accrochages ont lieu avec l’ennemi notamment à La Mure. Le 13 août, les Allemands attaquent un maquis FTP installé à La Morte, 7 jeunes résistants du 1er bataillon FTP sont exécutés.

 

« La Course de la Résistance est une autre manière de commémorer la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945, de remémorer celles et ceux qui ont payé de leurs vies pour faire triompher la démocratie, celles et ceux qui nous permettent aujourd’hui de vivre en paix. Nous souvenir, ne pas oublier, c’est ne pas reproduire les erreurs du passé. C’est pourquoi le devoir de mémoire est si important. Pour cette 10e édition, l’année des 80 ans de la Libération, organiser cette course dans la ville berceau de la Révolution française, alors que le Musée fête ses 40 ans, est d’autant plus symbolique », souligne Jean-Pierre Barbier, président du Département.