Publié le 24 juin 2026
Gardien des paysages et pilier de l’économie de montagne, le pastoralisme bénéficie du soutien du Département de l’Isère, entre aides financières, accompagnement humain et valorisation des filières locales.
Des paysages façonnés
Avec 80 000 hectares d’alpages (20 % des montagnes iséroises), le pastoralisme façonne une large part des paysages du département. Chaque été, 100 000 ovins et 10 000 bovins se nourrissent de l’herbe des pâturages. Une ressource précieuse pour les 700 éleveurs, qui y trouvent une alimentation naturelle pour leurs troupeaux. Plus de la moitié des animaux viennent d’autres départements, notamment des Bouches-du-Rhône – une solidarité agricole vieille de plusieurs siècles.
Les éleveurs s’organisent pour exploiter ensemble cette ressource abondante mais éphémère. Sans ces espaces, il faudrait acheter du fourrage, ce qui fragiliserait les exploitations.
Directeur de la Fédération des alpages de l’Isère (FAI)
Mais l’enjeu dépasse l’économie. En broutant, les animaux entretiennent des milieux ouverts favorables à la biodiversité. Prairies fleuries, insectes, oiseaux : tout un écosystème en dépend. “Ces paysages que l’on admire sont le fruit du travail pastoral. Sans lui, la forêt reprendrait ses droits”, rappelle Bruno Caraguel. Le pastoralisme porte aussi une dimension culturelle forte, rythmée par la montée et la descente des alpages, moments de partage entre monde rural et urbain.
Un soutien durable
Soutenir le pastoralisme, c’est préserver plus qu’une activité agricole : c’est maintenir une mosaïque de paysages, une tradition et un équilibre pour nos territoires de montagne.
Vice-président chargé de l’agriculture
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Pour pérenniser les activités agropastorales, le Département finance chaque année une vingtaine de projets pour un montant de 240 000 euros : rénovation de cabanes, installation d’abreuvoirs, débroussaillage, pose de clôtures… “Ces investissements améliorent la gestion des troupeaux et les conditions de travail des bergers”, précise l’élu.
En parallèle, les viandes agropastorales sont promues localement, notamment en grande distribution, à travers la marque « Nos produits IS HERE ». L’agneau d’alpage, élevé au lait maternel et à l’herbe, incarne cette qualité liée au territoire.
Le Département participe également au « kit alpage bovins », à hauteur de 9 000 euros par an, qui sert à vérifier l’état de santé des animaux avant (et parfois après) la montée en alpage. Un suivi sanitaire indispensable lorsque les troupeaux sont regroupés.
Un équilibre à préserver
Entre changement climatique, fréquentation touristique accrue et présence du loup, le pastoralisme doit s’adapter. Depuis 2023, le dispositif Berger d’appui – déployé par la FAI et AgriEmploi 38 grâce au financement du Département – permet d’intervenir en renfort lors de périodes de tension, liées à la charge de travail, à l’isolement ou à la prédation. L’été dernier, 21 missions ont été réalisées dans 14 alpages, offrant une bouffée d’oxygène aux bergers, parfois épuisés.
Le Département mène également des actions de sensibilisation auprès du public pour diffuser les bonnes pratiques en montagne (campagne « Profite, partage, respecte »), notamment la cohabitation avec les troupeaux et les chiens de protection. Autant d’actions qui contribuent à faire des alpages un espace durable et partagé.
2026 célèbre le pastoralisme
Proclamée année internationale du pastoralisme par l’Organisation des nations unies, 2026 donne lieu à plusieurs rendez-vous en Isère. Parmi eux : la Fête du pastoralisme, le 5 juillet au col du Coq ; et une journée thématique, Pastoralisme au musée, le 29 août dans les jardins du Musée dauphinois, avec de nombreuses animations, des dégustations, un concert suivi d’un débat citoyen ou encore la projection en plein air d’un film primé au festival Pastoralisme et Grands Espaces.