Budget 2026 : rester maître de notre destin

© A.Breysse

Le 5 décembre dernier, le Département de l'Isère a adopté son budget pour l’année 2026 : 1,7 milliard d’euros. Dans un climat économique et social incertain, la majorité départementale a fait le choix de la responsabilité et de la solidarité durable.

Une espérance de vie des Isérois qui augmente… et aussi un nombre accru de personnes âgées dépendantes qui ont besoin d’aide (+ 4,9 % de budget par rapport à l’an dernier). Des droits supplémentaires pour les Isérois en situation de handicap qui induisent aussi davantage de dépenses (+ 3,6 %). Des inscriptions au RSA qui repartent à la hausse et un montant de l’allocation revalorisé (+ 7 %). Des familles en difficulté de plus en plus nombreuses (+ 3,5 %). 

Photographie
L’autonomie des personnes âgées : le défi des années à venir. © A.Breysse

Dépenses sociales en hausse, recettes qui stagnent

À l’image de la situation économique du pays, les dépenses de solidarité sociale pèseront cette année encore un peu plus lourd sur les finances du Département, représentant près de 60 % de son budget, soit 1 milliard d’euros si l’on inclut les frais de personnel.

Les recettes allouées par l’État pour y faire face, en revanche, stagnent avec une évolution à peine supérieure à l’inflation. Pour élaborer un budget 2026 à l’équilibre comme la loi l’y oblige, l’assemblée départementale, réunie les 4 et 5 décembre derniers, a dû résoudre une équation complexe. 

Une gestion en « bon père de famille »

Certains Départements, en grande difficulté, ont dû se résigner à de véritables plans d’austérité pour y parvenir. “Grâce à notre rigueur de gestion, nous ne sommes pas dans cette situation en Isère et ne voulons surtout pas en arriver là, a prévenu le président Jean-Pierre Barbier. Ce qui implique de faire des choix et des efforts pour faire face durablement à nos responsabilités envers les plus fragiles. Cette gestion en « bon père de famille » nous permettra de tenir aussi tous nos engagements envers nos partenaires et de poursuivre des politiques volontaristes qui font notre fierté : notre dispositif Isère Santé (qui a déjà permis à plus d’une centaine de praticiens de s’implanter en Isère), le repas à 2 euros pour les collégiens, la promotion de l’agriculture locale et des circuits courts, le soutien à une culture dynamique et ouverte à tous ou encore notre action en faveur de la transition énergétique…” 

Prévenir, investir, innover…

Si le Département confirme son rôle de chef de file des solidarités humaines, il ne se limitera pas à une logique de guichet : “Nous allons privilégier les actions les plus efficaces, en développant la prévention et l’innovation, à l’image de notre dispositif Is-Icope, conçu avec le CHU Grenoble Alpes et La Poste. Nous veillerons à ce que chaque euro dépensé le soit utilement”, poursuit le président.

Photographie
Parmi les investissements du Département, la reconstruction du pont de Gavet dans la vallée de la Romanche. © A.Breysse

Avec un budget d’investissement de 375 millions d’euros, la collectivité va également continuer de soutenir l’activité économique et le développement du territoire à un niveau très élevé. 82 millions seront notamment alloués aux projets structurants des communes et intercommunalités.

 “Les choix que nous faisons aujourd’hui librement nous permettront de faire face à des coups durs imprévisibles et de rester maîtres de notre destin

Jean-Pierre Barbier

Président du conseil départemental de l'Isère

Chiffres clés du budget 2026 : 1,7 milliard d'euros pour l'Isère et les Isérois

53 % pour la famille

  • Personnes âgées : 214 353 000 €
  • Personnes handicapées : 208 698 000 €
  • Enfance et famille : 180 624 000 €
  • Cohésion sociale : 146 239 000 €
  • Éducation : 115 763 000 €
  • Logement : 11 065 000 €
  • Jeunesse et sports : 10 882 000 €
  • Santé publique : 6 260 000 €

7 % pour l'attractivité du territoire

  • Solidarités territoriales : 45 715 000 €
  • Culture et citoyenneté : 31 184 000 €
  • Aménagement numérique : 37 056 000 €
  • Attractivité et tourisme : 6 163 000 €
  • Montagne : 3 263 000 €
  • Europe, développement et innovation : 638 000 €
  • Coopération internationale : 1 097 800 €

15 % pour le cadre de vie

  • Routes : 119 808 000 €
  • Sécurité : 64 715 000 €
  • Transports : 42 923 000 €
  • Environnement et développement durable : 12 509 000 €
  • Eau : 3 500 000 €
  • Agriculture : 5 744 000 €
  • Forêt et filière bois : 757 000 €

25 % pour les ressources

  • Ressources humaines : 236 769 000 €
  • Finances : 131 219 000 €
  • Administration générale : 33 512 000 €
  • Bâtiments départementaux : 19 411 000 €

Maintenir le cap dans le brouillard

Julien Polat

Vice-président du Département en charge des finances et de la contractualisation

IsèreMag

Dans quel contexte ce budget 2026 a-t-il été adopté ?

Julien Polat

Comme pour 2025, nous avons élaboré ce budget 2026 dans un brouillard total sur les recettes qui nous seront notifiées par l’État, la France n’ayant toujours pas de budget à l’heure où nous avons voté le nôtre ! Car nos collectivités sont désormais privées de quasiment toute marge de manœuvre de financement propre, en dehors de la taxe sur les droits de mutation.Par chance, l’an dernier, ces recettes, dites « frais de notaires », très liées au marché de l’immobilier, ont augmenté en Isère, de 180 à 275 millions d’euros. Autre surprise, le ministère de l’Économie ayant revu ses calculs sur l’indice ...

Julien Polat

Vice-président du Département en charge des finances et de la contractualisation

IsèreMag

Dans quel contexte ce budget 2026 a-t-il été adopté ?

Julien Polat

Comme pour 2025, nous avons élaboré ce budget 2026 dans un brouillard total sur les recettes qui nous seront notifiées par l’État, la France n’ayant toujours pas de budget à l’heure où nous avons voté le nôtre ! Car nos collectivités sont désormais privées de quasiment toute marge de manœuvre de financement propre, en dehors de la taxe sur les droits de mutation.

Par chance, l’an dernier, ces recettes, dites « frais de notaires », très liées au marché de l’immobilier, ont augmenté en Isère, de 180 à 275 millions d’euros. Autre surprise, le ministère de l’Économie ayant revu ses calculs sur l’indice de pauvreté, l’Isère n’a pas été assujetti à la taxe Dilico, un nouveau prélèvement instauré par l’État pour participer au redressement des comptes publics, pour laquelle nous avions provisionné 28 millions d’euros.

Qu’en sera-t-il cette année ? Nous n’avons pas davantage de certitudes, si ce n’est que la situation économique et sociale du pays reste toujours aussi fragile : les plans sociaux touchent tous les secteurs, et le vieillissement de la population va continuer, ce qui va impliquer mécaniquement davantage de besoins de prise en charge. 

Malgré tout, nous avons décidé de maintenir l’adoption de notre budget en décembre, afin que nos partenaires sachent à quoi s’en tenir le plus tôt possible. Avec un maître mot : la prudence !

IsèreMag

Comment cette prudence se traduit-elle ?

Julien Polat

Nous allons poursuivre nos efforts de productivité, qui ont permis de baisser nos dépenses de fonctionnement de 9 % l’an dernier. Ainsi, la hausse de 3 % des crédits alloués à nos ressources humaines n’est pas liée à celle de nos effectifs, mais à un relèvement du taux de cotisation de retraite de nos agents. Nous avons aussi dû recourir à un emprunt un peu plus élevé (+ 17 %) : l’Isère reste néanmoins parmi les moins endettés de France. 

La situation économique nous impose de nous adapter, sans renoncer à nos ambitions pour l’Isère. Nos dépenses de solidarité envers les plus fragiles n’auront jamais été aussi élevées, après une année 2025 déjà en forte hausse : elles augmentent de 4,5 % cette année et représenteront près de 60 % de notre budget.

Côté investissements, certains dispositifs ont été mis en pause ou étalés dans le temps, d’autres priorisés. Nous injecterons toutefois encore 375 millions d’euros dans l’économie iséroise à travers nos chantiers bâtimentaires, routiers…