Ferme des Gaberts : des agriculteurs qui innovent

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À Clelles, un agriculteur céréalier a décroché une des six bourses nationales de recherche à la ferme, de l’association Pour une agriculture du vivant (PADV). Il dispose d’un an et de 6 000 euros pour optimiser sa culture de petit épeautre.

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Thierry Ailloud-Perraud et Lucie Mahaut sont à l’initiative d’une étude nommée Synchroniser cultures et broyages : une voie agroécologique pour le petit épeautre. © Caroline Thermoz-Liaudy

Dans le Trièves, le petit épeautre bio au cœur d’une étude scientifique

Thierry Ailloud-Perraud nous a donné rendez-vous à Clelles, à la ferme des Gaberts au cœur du Trièves. C’est là qu’il cultive ses nombreuses céréales, et là qu’il a initié une démarche scientifique, accompagné par Lucie Mahaut, docteure en écologie et chercheuse à l’Inrae, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

Cette étude qui vient de recevoir une des six dotations nationales de la bourse de recherche à la ferme, consiste à déterminer la meilleure période pour broyer les mauvaises herbes sur les cultures de petit épeautre en agriculture biologique. 

S'adapter au changement climatique

"Souvent, les agriculteurs tentent des choses dans leurs exploitations, notamment pour adapter leur travail au changement climatique, mais ils prennent le risque tout seuls, et ce n’est pas valorisé. Ici, on vient partager le risque, et en cas de résultat, on pourra conceptualiser ce travail" commence l’agriculteur.

Les 6 000 euros et la période d’un an consacrés par l’association Pour une agriculture du vivant (PADV), ne devraient pourtant n’être qu’un début selon Lucie Mahaut.

Mon travail, c’est de partir de la problématique de terrain de Thierry, de la verbaliser en problématique scientifique, et de monter un protocole expérimental simple, sur la base duquel on pourra tirer des conclusions, et commencer à avoir des statistiques. Mais une année c’est très court, et on sait que les résultats ne seront pas généralisables. En revanche, dans un an, on saura si ça vaut la peine de poursuivre ou pas.

Lucie Mahaut

Docteure en écologie et chercheuse à l’Inrae

Un an de recherche et une bourse de 6 000 euros

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L’association PADV a salué la simplicité et l’universalité de la question posée par la recherche menée à Clelles. © Lucie Mahaut

La recherche est menée sur une parcelle de petit épeautre, que les deux intervenants ont divisée en différentes portions, dont les mauvaises herbes sont broyées mécaniquement à différentes phases de croissance. Cela devrait permettre d’identifier s’il existe une phase de croissance du petit épeautre, idéale pour désherber sans trop impacter la rentabilité de la culture.

Pour Lucie Mahaut, c’est aussi l’occasion de mettre en avant d’autres aspects. 

"On parle du monde paysan, dans un contexte de changement climatique, et dans le milieu contraint de la moyenne montagne. On est aussi sur une céréale sur laquelle il existe un peu moins de littérature, un peu moins consommée par le grand public mais qui commence à se démocratiser. Et sur une céréale tardive, qui a un rôle à jouer pour la diversification des cultures, et donc pour une meilleure résistance des exploitations aux aléas climatiques."

Le programme "Bourse, recherche, action" de PADV était organisé cette année pour la première fois, dans le but de développer les collaborations entre le monde agricole et la recherche académique.

Impliquer les habitants dans la démarche

Afin de diffuser au maximum l’esprit de la démarche, et de faire connaître son travail, Thierry Ailloud-Perraud a organisé dans sa ferme le 12 septembre, une journée de présentation.

Si la matinée était consacrée à la présentation de son étude auprès de professionnels qualifiés, l’après-midi était un moment plus festif, où les habitants étaient conviés. Outre la découverte de l’exploitation, ils ont été invités à danser par la compagne de Thierry, Céline Perroud, danseuse et chorégraphe, à l’origine de l’association Rotations culturelles, fondée en 2010 pour lier le geste agricole et le geste artistique. 

Par: Caroline Thermoz-Liaudy