Publié le 17 juin 2026
Arcabas aurait eu 100 ans en 2026. L’association des Amis de l’œuvre d’Arcabas et le Département de l’Isère célèbrent tout au long de l’année cet artiste majeur de l’art sacré pour dévoiler les multiples facettes de ses créations.
Les Isérois connaissent surtout Arcabas – Jean-Marie Pirot, pour l’état civil – pour le décor de l’église de Saint-Hugues-de-Chartreuse, un chef-d’œuvre auquel il a consacré quarante années de sa vie, de 1952 à 1992. Arrivé en 1950 à Grenoble en tant que professeur à l’école des arts décoratifs, diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, l’artiste lorrain n’a que 26 ans lorsque le curé lui confie les clés de sa modeste église. Avec son sens aigu de la lumière et des couleurs, ce Chartrousin d’adoption a réalisé un ensemble monumental de 111 toiles, vitraux et sculptures, transformant ce lieu de culte en un haut lieu de l’art contemporain. Le site a été intégré en 1984 au réseau des musées du Département, l’artiste lui ayant fait don de son œuvre, et rebaptisé musée Arcabas à son décès, en 2018.
Un artiste total, reconnu au plan national et au-delà
Mais le nom d’Arcabas rayonne bien au-delà des frontières de la région.
Son œuvre est présente dans le monde entier, aussi bien dans les musées que dans des édifices religieux ou des établissements publics (groupes scolaires, mairies…) en Alsace, en Bretagne, en Allemagne, en Belgique, en Italie ou au Canada… C’était un artiste total, qui s’est illustré aussi bien dans le vitrail que dans la fresque, l’orfèvrerie ou la scénographie.
Présidente de l’association des Amis de l’œuvre d’Arcabas et fille d'Arcabas
Des expositions à voir cet été
Dans le cadre du centenaire de sa naissance et de la saison culturelle du Département « Eau, quelle histoire ! », plusieurs expositions vont mettre en lumière l’œuvre d’Arcabas.
- Le musée Arcabas en Chartreuse (à Saint-Hugues de Chartreuse) a réuni une quinzaine de toiles, dont certaines inédites, inspirées par le motif de l’eau. Des récits bibliques aux paysages figuratifs et allégories, ces œuvres témoignent de sa finesse d’observation des éléments naturels et de la richesse chromatique de sa palette (« Arcabas, les formes de l’eau », jusqu’au 29 mars 2027).
- Le musée Hébert (à La Tronche) dévoile un pan moins connu de cet artiste dans une grande rétrospective : son rapport à l’inspiration, la représentation des femmes, la beauté du quotidien, son engagement face à l’injustice… Une invitation à voir le monde à travers les yeux d’un artiste d’exception pour qui la notion de profane n’avait pas de sens. “Pour moi, tout est sacré. Quand je peins des clous ou des prunes, c’est exactement pareil que lorsque je peins les Noces de Cana.”(« Arcabas, rétrospective », jusqu’en janvier 2027).
À voir également en Isère
- Le Musée de la Grande Chartreuse/la Correrie (Saint-Pierre-de-Chartreuse) présente des maquettes, esquisses originales et fac-similés des grandes réalisations monumentales du peintre en France et à l’étranger, et également La Petite Suite noir et or, l’un des cinq grands polyptyques réalisés par Arcabas. (Jusqu’au 26 novembre).
- La Cathédrale Saint-Maurice de Vienne (avec l’association Cathédrale vivante) expose tout l’été une sélection de digigraphies (tirages d’art de haute qualité). Plusieurs œuvres originales viendront compléter cette sélection lors des journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre prochains.