Embarquement pour Saint-Antoine-l’Abbaye

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Publié le 20 juin 2026

Depuis la nuit des temps, des liens sacrés unissent les humains à l’eau. Dans sa nouvelle exposition, « Entre fleuve et mer », le Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye nous plonge dans cet élément ambivalent, source de vie et de mort, selon ses états.

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Navire fantastique de Pisanello (XVe siècle) illustrant l’imaginaire médiéval. © RMN - Louvre - M. Bellot

Niché dans la verdure des Chambaran, le village médiéval de Saint-Antoine-l’Abbaye n’a rien de maritime. La longue histoire des Antonins – ces religieux hospitaliers qui firent la prospérité du village au Moyen Âge – est pourtant étroitement liée aux fleuves et à la mer.

Ils se sont implantés le long du Rhône jusqu’à la Méditerranée puis loin au-delà, de Venise à Rhodes ou Acre et jusqu’en Amérique. Cette exposition remonte plus loin encore, pour explorer les liens que l’homme entretient avec l’eau depuis l’Antiquité.

 Géraldine Mocellin

Directrice du musée de Saint-Antoine-l’Abbaye

Pureté mariale et monstres marins

L’homme et le fleuve, la navigation et le commerce, les arts nés de l’eau, la vie et la mort… le musée nous immerge dans les multiples dimensions que revêt cet élément vital. Puisant dans les textes bibliques et dans les récits des saints, il s’intéresse notamment à sa dimension symbolique. Dans le Cantique des cantiques, la fontaine scellée évoque ainsi la pureté mariale ; l’eau de Saint-Antoine se pare de vertus miraculeuses, au contact des reliques du saint…

Mais l’eau, pourvoyeuse de vie et d’activité économique, provoque aussi mort et destructions quand elle transporte les germes ou se soulève lors des tempêtes et crues dévastatrices. Hantée par les monstres marins et autres sirènes tentatrices, l’iconographie médiévale regorge de légendes et de saints protecteurs des naufragés qui triomphent des éléments.

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© Musée d'histoire de Lyon-Gadagne-P. Aubert
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© Musée des Beaux Arts de Dijon

Un parcours entre deux eaux

Entre fleuve et mer, la scénographie plonge le visiteur entre deux eaux, dans un parcours sensoriel et poétique. Humant le parfum des épices rapportées du Nouveau Monde, porté par le ressac, on navigue dans un imaginaire foisonnant à travers des œuvres et des documents d’exception – tel ce dessin fantastique de Pisanello (prêté par le Louvre) d’une coque de navire propulsée par un dragon… Les enfants vont adorer partir à la découverte des monstres marins dans un espace ludique spécialement conçu à leur intention.

Jerome Rasto et les quatre fleuves du paradis

Le Département a donné carte blanche à l’artiste perpignanais Jerome Rasto, dans le cadre de sa saison culturelle « Eau, quelle histoire ! », pour évoquer les liens entre l’eau et les Antonins. Le plasticien, fasciné par l’iconographie des vitraux et des enluminures, a tout de suite été inspiré par la fontaine aux dragons et à l’ange, dans le jardin médiéval du musée. Il a imaginé une allégorie des quatre fleuves du paradis de la Genèse, à la manière de grands vitraux inversés, qui orneront des fenêtres aveugles. “J’aime cet effet de transparence et le côté narratif de l’imagerie médiévale, avec les cernes de plomb qui forment comme des cases de bande dessinée. Mais mon travail intègre les références culturelles de la pop culture d’aujourd’hui”, précise l’artiste. Il interviendra sur les lieux du 29 juin au 4 juillet.

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À ne pas manquer

« Entre fleuve et mer. Une histoire médiévale. » 

Du 5 juillet au 8 novembre 2026. 

Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye.

Concert inaugural le 4 juillet à 21h en l’église abbatiale.

En savoir plus

La grande fête médiévale

Les 1er et 2 août.

Saint-Antoine-l’Abbaye

De nombreux spectacles et animations autour de l’eau

Découvrir le programme

Par: Véronique Granger