Publié le 11 sept. 2026
Chaque année, plus de 700 Isérois de 16 à 25 ans, la plupart sortis du système scolaire, retrouvent une dynamique grâce aux chantiers éducatifs. En Isère, trois structures les mettent en œuvre, avec le soutien du Département.
Juillet 2026. Entre deux canicules, un courant d’air frais traverse l’atelier bois de l’association Synergie Chantiers éducatifs, à Grenoble. Sam achève de raboter une planche de tilleul. En trois jours, le jeune homme, titulaire d’un CAP de menuiserie, a déjà les bons gestes, après des mois à tenir les murs. “C’est mon éducateur qui m’a motivé pour venir. J’ai montré que je suis capable”, sourit-il timidement. Kevin Planson, encadrant technique chez Synergie, acquiesce : “À ce rythme, à la fin des deux semaines de contrat, il aura réalisé plusieurs mobiliers de jardin et les aura installés chez le client, dans une école. Avec la satisfaction d’avoir pu mener un projet de A à Z.” Parmi les quelque 500 jeunes passés chaque année par cette structure pas comme les autres, Sam fait un peu figure d’exception avec son CAP.
La plupart de nos candidats n’ont ni formation ni diplôme. À la différence d’une entreprise d’insertion, l’objectif n’est d’ailleurs pas de leur enseigner un métier : on travaille sur le savoir-être. Savoir se présenter, venir à l’heure, tenir un rythme, respecter le matériel et les personnes… Ce n’est pas évident quand on a perdu ses repères.
Directeur de l’association Synergie Chantiers éducatifs
Une première expérience du travail
Entretien des espaces verts, peinture, construction de jeux pour enfants, cocktails, tractage… autant de petits travaux confiés en majorité par des collectivités, des bailleurs sociaux, mais aussi des particuliers – qui vont permettre à des jeunes déscolarisés de se confronter au monde du travail et de vérifier leurs aptitudes. “Pour la plupart, c’est une première expérience, un premier salaire, une remise en mouvement”, complète Célia Pecqueur, coordinatrice. Certains sont orientés par leur éducateur de prévention spécialisée, qui va les accompagner pendant la durée du chantier, sur quelques jours. Un moyen de tisser des liens profonds. Les plus autonomes sont engagés sur des chantiers d’une à deux semaines avec l’un des 10 encadrants techniques de l’association (un pour deux jeunes). “Quelques-uns se découvriront une facilité manuelle et enchaîneront sur une formation, comme Ahmed. Passé il y a quelques années par un chantier de peinture, il vient de rejoindre notre équipe d’encadrants ! Quoi qu’il en soit, même s’ils abandonnent en cours de route, l’expérience leur aura été utile”, assure Patrick Marcellin-Gros.
Trois structures en Isère
Trois structures sont financées par le Département, à hauteur de 350 000 euros par an, pour organiser des chantiers éducatifs, au titre de sa politique en faveur de la jeunesse : Synergie Chantiers éducatifs (créée par le Codase et l’Apase), à Grenoble (Centre et Sud-Isère) ; le Prado Éducation, à Bourgoin-Jallieu (Nord-Isère) ; et PREVenIR, à Pont-Évêque (Pays viennois et Bièvre).
Les chiffres clés de 2025
En 2025, 700 jeunes isérois de 16 à 25 ans ont réalisé dans ce cadre 30 000 heures de travail (rémunérées au Smic). La contribution du Département vise à soutenir le volet socioéducatif mis en œuvre avant, pendant et après les chantiers – sachant que les prestations assurées doivent répondre aux exigences de qualité des clients.