Quatre étapes de Tour de France en Isère : retour sur un été exceptionnel

  • Sport
  • Histoire
Voiron (Isère), le vendredi 23 juillet 2026, étape 18 du Tour de France 2026 avec un départ depuis Voiron et une arrivée à Orcières-Merlette. Départ des coureurs devant l'église Saint-Bruno.
Voiron (Isère), le vendredi 23 juillet 2026, étape 18 du Tour de France 2026 avec un départ depuis Voiron et une arrivée à Orcières-Merlette. Départ des coureurs devant l'église Saint-Bruno.

Publié le 30 sept. 2026

Du 22 au 25 juillet, l’Isère a vécu au rythme du Tour de France. 4 étapes inoubliables, des rives du lac de Paladru aux 21 virages de l'Alpe d'Huez, en passant par la Matheysine, le Vercors... Le Tour de France a habité et célébré l'Isère !

Quatre étapes, 57 communes traversées, près de 350 kilomètres parcourus en Isère : le département n'a pas fait qu'accueillir la course, il l'a habitée, prolongée, célébrée bien au-delà du seul classement général. Car c'est peut-être là l'essentiel. Réduire ces quatre jours à un nom de vainqueur, aussi brillant que Tadej Pogačar, reviendrait à ne raconter qu'une moitié de l'histoire.

L'autre moitié, la plus durable, c'est celle d'un territoire qui a démontré, par ses paysages, son accueil et sa culture populaire du vélo, qu'il n'était pas simplement une toile de fond spectaculaire mais véritable protagoniste de la Grande Boucle. Le Département de l'Isère, en tant que collectivité territoriale, était d'ailleurs partenaire des 4 étapes de cette histoire : un investissement à la hauteur de son histoire du cyclisme !

L'accueil de quatre étapes en une seule édition constitue une reconnaissance inédite des efforts engagés depuis des années en matière de politique sportive et touristique. Une manière, pour l'Isère, de s'affirmer comme un territoire de référence pour le cyclisme sous toutes ses formes, et d'en tirer un rayonnement international considérable.

Bernard Perazio

Vice-président du Département en charge des mobilités

Le tracé 2026 a eu l'intelligence de faire découvrir deux Isère bien différentes. La première, celle des collines et des lacs du Nord-Isère, tout en douceur apparente. La seconde, celle des hauts cols alpins, spectaculaire et exigeante. Entre les deux, une transition qui a permis au peloton et aux spectateurs de vivre une véritable traversée du département. Découvrez le récit de ces 4 jours exceptionnels.

Voiron donne le coup d’envoi avec 2 étapes

Mercredi 22 juillet, la 17e étape a relié Chambéry, en Savoie voisine, à Voiron, à travers les massifs des Bauges puis de la Chartreuse. Sur 175 kilomètres, les coureurs ont ainsi plongé dans des paysages de moyenne montagne verdoyants, ceux d’un massif calcaire connu pour ses forêts et ses alpages, avant de rejoindre la capitale du Pays voironnais. Pour Voiron ville de 22 000 habitants, ce grand retour du Tour de France (seulement la seconde fois de son histoire) a été vécu comme un événement à part entière : village départ, village arrivée, écran géant, défilé de la caravane publicitaire, la ville s'est parée de jaune pour deux journées entières, puisqu'elle a été à la fois ville d'arrivée le mercredi 22 juillet et ville de départ le lendemain.

Jeudi 23 juillet, la 18e étape a quitté Voiron pour d'élancer, sur 185 kilomètres, en direction d'Orcières-Merlette dans les Hautes-Alpes voisines. Mais avant de quitter le département, le peloton a gravi le Vercors via Lans-en-Vercors et Saint-Nizier-du-Moucherotte ainsi que la Matheysine via Monteynard, traversant des paysages isérois remarquables. Une étape de transition et de sélection, mais aussi une formidable vitrine pour des territoires ruraux souvent moins mis en avant que les grandes stations alpines.

Mais le spectacle avait commencé bien avant le passage du peloton. Durant ces deux jours, la ville s'est animée autour du vélo et du Tour : village d'animations, shows de VTT trial, activités pour les enfants, simulateurs vélo et jeux vidéo, jeux et quiz. L'occasion aussi de découvrir aussi l'offre touristique à vélo du territoire, comme la Via Rhona sur les berges du Rhône et la Belle Via sur les berges de l'Isère. Les équipes du Département étaient pleinement mobilisées pour faire vivre l’événement, tout comme les commerçants qui ont témoigné d'une affluence continue, portée par des milliers de visiteurs de toutes nationalités.

L’Oisans retrouve le Tour

Vendredi 24 juillet, la 19e étape a fait basculer la course dans une toute autre dimension. Partie de Gap, elle s'est achevée par la première des deux ascentions de l’Alpe d’Huez, ville étape pour la 32e fois de l'histoire du Tour, un record qui dit à lui seul l'attachement viscéral qui unit cette station de l'Oisans à la course.

Le long de la montée, sur les 21 lacets mythiques de l'Alpe, les spectateurs ont une nouvelle fois répondu présent. Installés dans les virages ou au bord de la route, les supporters ont accompagné les coureurs dans les derniers kilomètres, transformant l’ascension en une véritable fête populaire.

Samedi 25 juillet, enfin, la 20e étape restera sans doute dans les mémoires comme l'une des plus folles de l'histoire récente du Tour. Départ de Bourg d'Oisans, ville-étape pour la 24e fois, direction l'Alpe d'Huez à nouveau avec 170 kilomètres et 5 000 mètres de dénivelé positif. 

Une avant-dernière étape avant Paris qui a terminé sa course à l'Alpe d'Huez, rejoint par un versant inédit dans l'histoire du Tour : le col de Sarenne, par une route étroite sauvage, confidentielle comparée au 21 lacets mythiques gravis la veille. 

De Bourg-d’Oisans à Auris-en-Oisans, en passant par Clavans et Besse-en-Oisans, les coureurs ont traversé des paysages de haute montagne particulièrement spectaculaires. L’étape passait également par plusieurs autres grands cols, dont la Croix-de-Fer, le Télégraphe et le Galibier.

Sur les routes et dans les villages, les spectateurs étaient au rendez-vous pour cette dernière journée de Tour en Isère. À Bourg-d’Oisans, les animations avaient commencé dès le matin avec des activités autour du vélo, des jeux et des animations pour les familles. Le passage de la course a ainsi donné lieu à une dernière journée de fête en Isère.

L’engouement pour l’Oisans était tel que les hôtels et campings du secteur ont enregistré une très forte demande dans les semaines précédant la course : certains établissements ont reçu plusieurs centaines de courriels de réservation en une seule journée, témoignant de l’attractivité du territoire.

L’Alpe d’Huez, ce week-end-là, était devenue le plus grand stade du monde. Un terrain de jeu entretenu, sécurisé, embelli et préparé par le Département, sans lequel de tels événements seraient rendus impossibles.

Alexandre Pasteur

Journaliste et commentateur isérois de France TV

L’Isère, une terre de vélo

Si le Tour de France a trouvé, en Isère, un accueil aussi enthousiaste, c’est qu’il n’a fait que révéler une identité déjà solidement installée : le vélo y occupe une place particulière. Le Département compte en effet plus de 1 000 kilomètres de routes situées à plus de 800 mètres d’altitude, un terrain de jeu unique en France pour les amateurs de dénivelé comme pour les champions en préparation. Il dispose également de 370 kilomètres de voies vertes et d’itinéraires cyclables, des berges du Rhône à celles de l’Isère, pour la pratique sportive comme pour les déplacements et les balades.

De plus, de nombreux événements viennent enrichir le territoire comme l'Alpe Isère Tour, le Tour Auvergne-Rhône-Alpes ou encore les Echappées iséroises.

Cette culture du vélo pratiqué au quotidien, loin des projecteurs, est sans doute ce qui a permis à l’accueil du Tour de France de sonner aussi juste : les Isérois n’ont pas découvert le vélo à l’occasion de la course, ils l’ont simplement partagé avec le reste du monde le temps de quelques jours.

Après le Tour, les souvenirs restent

L’histoire du Tour de France en Isère ne date évidemment pas de 2026 : ce passage était le 87e de la course dans le département. Une continuité qui traverse plus d’un siècle de cyclisme et qui a vu les plus grands champions du monde se frotter à ces mêmes routes, ces mêmes lacets, ces mêmes cols. Chaque édition ajoute un chapitre à un roman collectif où se mêlent exploits sportifs, histoires humaines et attachement populaire.

Les coureurs sont désormais loin, la caravane publicitaire a plié bagage et le classement général de cette 113e édition appartient déjà à l'histoire. Mais ce que le passage du Tour de France a révélé de l'Isère ne s'efface pas avec les banderoles. Il reste des routes de montagne devenues, le temps de quatre jours, les plus regardées de la planète. Il reste des villages de l'Oisans qui ont vécu une intensité rarement égalée. ll reste une petite ville comme Voiron, transformée en épicentre national pour quarante-huit heures. 

Il reste enfin la confirmation que l'Isère est bien une terre de vélo. Et s'il le fallait, le label « Département à vélo du Tour de France » en est une belle reconnaissance. Cette labellisation valorise la politique cycles du Département de l'Isère, engagé dans une dynamique positive de promotion de la pratique du vélo. Avec d'emblée « 2 vélos », l'Isère est l'un des deux premiers Départements labellisé.