En janvier 2024, Grégory Boissieux, juriste à l’association France Victimes, recevait un appel du parquet de Grenoble : Tandem pourrait-il assister deux jeunes sœurs victimes d’inceste, appelées à témoigner à la barre devant leur violeur ? “C’était sa première mission en tant que chien d’assistance judiciaire”, se souvient son « référent » (et porte-parole). En France, ils sont déjà plus de 25 à pouvoir arborer ce titre officiel, et leur nombre ne fait qu’augmenter.
Avec son regard doux et sa belle fourrure fauve qui appelle les papouilles, ce paisible golden retriever est devenu la mascotte du palais de justice : en deux ans, il a déjà accompagné une centaine d’enfants lors des différentes étapes de leur parcours judiciaire, ponctué d’auditions ou d’expertises médicales éprouvantes. “C’est une éponge à émotions. Les effets de la médiation animale sont d’ailleurs scientifiquement reconnus”, rappelle Grégory.
Le premier chien judiciaire de la région
C’est lors d’un séminaire en 2020 que ce dernier a découvert l’existence du labrador Lol, premier chien d’assistance judiciaire de France, alors en fonction devant le tribunal de Cahors.
Si les dirigeants de France Victimes Grenoble et le tribunal de Grenoble ont tout de suite adhéré au projet, Tandem est arrivé en Isère après un long processus de sélection. “De l’âge de deux mois à deux ans, le chien est confié à une famille d’accueil par Handi’Chiens, à Lyon, qui assure sa formation. Tandem reste d’ailleurs la propriété de cette association : je partage la garde alternée avec la présidente et le directeur de France Victimes Grenoble, précise Grégory. Nous sommes tous trois garants de son bien-être. »