Publié le 14 sept. 2026
Ils accompagnent un parent âgé, un conjoint malade ou un enfant en situation de handicap. Souvent dans l’ombre, les aidants jouent un rôle essentiel. En Isère, le Département multiplie les solutions pour les soutenir et prévenir leur épuisement.
« Pour moi, c’est naturel. C’est mon rôle. » Depuis sept ans, Martine, 79 ans, accompagne son mari atteint de la maladie d'Alzheimer. « Le plus dur, c'est de voir la personne changer et de se sentir impuissant, confie-t-elle. Toute la bonne volonté et la patience ne suffisent pas. Il faut faire face aux troubles du comportement et tout gérer au quotidien. »
Comme Martine, près de 11 millions de Français, soit plus d'un sur six, accompagnent un proche en perte d'autonomie liée à l'âge, à une maladie ou à un handicap, sans être des professionnels. En Isère, ils sont plusieurs dizaines de milliers. Courses, démarches administratives, rendez-vous médicaux, aide aux gestes du quotidien… Leur rôle est indispensable pour le maintien à domicile. Pourtant, beaucoup ne se reconnaissent pas comme aidants. « Mettre un mot sur ce rôle est essentiel. Tant qu'une personne ne s'identifie pas comme aidante, elle ne va pas chercher l’accompagnement dont elle peut bénéficier », souligne Juliette Glasson, chargée de projet au Département.
Prévenir l'épuisement
Charge mentale, fatigue, nuits écourtées, difficultés à concilier vie familiale, professionnelle et accompagnement (35 % des aidants occupent un emploi à temps plein)… Le rôle d’aidant peut rapidement devenir éprouvant. Par amour ou par devoir, beaucoup font passer leur proche avant leur propre santé physique et mentale. « Les premiers signaux d'alerte apparaissent lorsqu'on ne prend plus de temps pour soi, que l'on renonce à ses loisirs, à ses rendez-vous médicaux ou que l’on s’isole », explique Juliette Glasson.
Des solutions pour souffler
Pour prévenir l’épuisement, le Département développe des solutions de proximité sur l'ensemble du territoire. Les 18 Cafés des aidants proposent chaque mois une rencontre conviviale, animée par un psychologue et un travailleur social. Les participants y échangent autour de thèmes concrets : adapter sa posture d'aidant, connaître les aides existantes, mieux gérer son stress… Deux nouveaux Cafés ouvriront prochainement à La Tour-du-Pin, en novembre, et à Saint-Martin-d’Hères, en janvier. « On partage, on se soutient et on repart parfois avec des solutions auxquelles on n'avait pas pensé. Surtout, on se sent moins seul », témoigne Jocelyne, 77 ans.
Les premiers signaux d'alerte apparaissent lorsqu'on ne prend plus de temps pour soi, qu’on renonce à ses loisirs, à ses rendez-vous médicaux ou qu’on s’isole
Chargée de projet au Département de l'Isère
Le Département finance également 36 activités portées par des associations et des collectivités : yoga, marche, sophrologie, ateliers de relaxation ou groupes de parole. Des solutions de répit existent aussi grâce à l'Allocation personnalisée d’autonomie (APA) : accueil de jour, hébergement temporaire ou relayage à domicile, qui permet à un professionnel de prendre le relais durant quelques heures ou plusieurs jours. « Quand une personne âgée ou handicapée peut compter sur un aidant reconnu et accompagné, c'est toute sa qualité de vie qui s'améliore, souligne Delphine Hartmann, vice-présidente du Département en charge de l'autonomie. Reconnaître le rôle des aidants et leur offrir des solutions concrètes sont une priorité. »
Aidantomètre : faire le point
Comment savoir si l’on commence à s’épuiser ? L’aidantomètre permet de prendre du recul sur sa situation : en quelques questions simples, il évalue la fatigue, le stress, le moral ou encore l’impact sur la vie quotidienne. Le Département s’appuie sur cet outil lors d’actions de sensibilisation pour aider les aidants à repérer les premiers signes d’alerte et à identifier leurs besoins.
La prochaine opération se tiendra au centre commercial Carrefour de Salaise-sur-Sanne, le mardi 6 octobre 2026 (journée nationale des aidants), de 9h à 17h.