Dans la roue de Nathalie Rabat, référente routes du Tour de France en Isère

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Nathalie Rabat a eu neuf mois pour préparer les étapes iséroises du Tour de France 2026.
Nathalie Rabat a eu neuf mois pour préparer les étapes iséroises du Tour de France 2026. © Aurélien Breysse

Publié le 18 juin 2026

Elle est LA référente routes du Tour de France en Isère. Nathalie Rabat – chargée d’études d’exploitation routière au Département de l’Isère – aura eu en tout et pour tout neuf mois pour organiser l’accueil de quatre étapes du Tour 2026. Rencontre.

Quand du 04 au 26 juillet 2026, les Isérois auront les yeux rivés sur le peloton du Tour de France. Qu’ils le suivront depuis le bord des routes de l’Isère qui n’accueillent pas moins de quatre étapes cette année (du 22 au 25 juillet), peu auront conscience de tout ce qu’il aura fallu faire pour assurer la tenue d’un tel événement.

Car les quatre jours de course cycliste se préparent depuis l’annonce du tracé en octobre. Des centaines d’agents organisent, anticipent, prévoient tous les cas de figure, en lien avec les territoires, eux aussi à la manœuvre. Pour orchestrer cette fourmilière, une femme, Nathalie Rabat, « Madame Tour de France » en Isère.

Organisation du Tour de France : une vraie partition de musique

Quand et comment avez-vous appris que le département de l’Isère accueillerait quatre étapes du Tour de France cette année ?

Nathalie Rabat : Je l’ai appris en même temps que tout le monde, lors de la cérémonie officielle de révélation à Paris, à laquelle je n’assistais pas. Même si on a quelques pistes avant, on attend et on découvre le tracé en même temps que tout le monde.

Et dès la révélation au mois d’octobre, le travail commence ?

Nathalie Rabat : Oui, on commence tout de suite. L’avantage du Département de l’Isère, c’est qu’on est traversé par le Tour presque tous les ans, donc on n’est pas obligés d’attendre d’avoir reçu tous les documents de l’organisateur (ASO, Amaury sport organisation – NDLR) pour commencer à travailler. On sait déjà faire et c’est un gros avantage quand on doit préparer quatre étapes ! En avril, certaines étapes n’avaient pas encore reçu leur compte-rendu d’étape détaillé…

On a donc commencé tout de suite à faire les reconnaissances terrain, en lien avec les territoires, à l’exception de certaines zones de montagne et de certains cols, comme Sarenne et l’accès au col de la Croix de Fer, qui étaient déjà fermés ou sous la neige.

Les chiffres du passage du Tour en Isère

  • 57 communes traversées dont certaines plusieurs fois

  • 350 kilomètres de parcours en Isère

  • 7 territoires les Vals du Dauphiné, le Voironnais-Chartreuse, la Bièvre, le Vercors, la Matheysine, l’Oisans et la Métropole de Grenoble

A quoi servent ces reconnaissances ?

Nathalie Rabat : Avant tout, à anticiper la réflexion sur la façon dont vont passer les coureurs. C’est l’anticipation de la trajectoire qui va nous permettre de déterminer les moyens matériels et humains qui seront nécessaires le jour J. Grâce à ces reconnaissances, on va prévoir, point de passage par point de passage, le nombre de bottes de paille dont on aura besoin pour protéger certains obstacles, comment et où placer les équipes et les moyens matériels sur le terrain, et donc le nombre d’agents à mobiliser pour préparer la route au mieux. On anticipe au maximum, et on met à jour jusqu’au dernier moment, par exemple en tenant compte des prévisions météorologiques. On écrit une vraie partition de musique pour que chaque agent sache précisément ce qu’il doit faire le jour de la course.

Comment décidez-vous des protections et signalétiques à installer ?

Nathalie Rabat : ASO a conclu depuis plusieurs années un partenariat avec Départements de France (DF). Dans le cadre de cet accord, DF nous transmet chaque année un guide de préparation des routes, qui nous permet d’identifier et de protéger les « points singuliers » : un giratoire, une avancée de trottoir, un angle de maison dans une rue étroite…

Parallèlement, ASO livre un compte-rendu d’itinéraire détaillé, qui liste chacun de ces points singuliers, et les besoins matériels et humains préconisés. Ça va nous permettre d’ajuster plus finement nos reconnaissances. L’anticipation est essentielle pour s’assurer de la disponibilité le jour de l’épreuve, tout en assurant la continuité des autres missions des territoires et de leurs agents.

En amont du passage du Tour de France, Nathalie Rabat organise des réunions préparatoires avec chacun des territoires traversés. © Caroline Thermoz-Liaudy

Comment anticipez-vous les fermetures des routes ?

Nathalie Rabat : C’est le résultat de l’équation complexe entre le tracé de l’épreuve, la vitesse estimée du peloton, le passage de la caravane… En fonction, on ferme la route environ deux heures avant le passage du peloton - c’est-à-dire moins d’une heure avant le passage de la caravane -, et on la rouvre rapidement, une quinzaine de minutes après le dernier passage.

Les horaires de fermeture de route sont prévus en lien avec les services de l’Etat (Préfecture et DDT), et avec les forces de l’ordre.

Les panneaux d’information des fermetures de routes sont commandés en amont et seront installés sur le bord des routes, environ une semaine avant le passage de l’étape.

Mobilisés jusqu’au lendemain du passage du Tour de France

Le jour J, comment préparez-vous les routes ?

Nathalie Rabat : En dehors de l’installation du matériel dont on a parlé, il faut s’assurer que la route soit propre. Des balayeuses viennent nettoyer les derniers gravillons… S’il y a eu des intempéries la veille, on peut être contraint d’opérer de plus gros travaux de nettoyage.

Quelles contraintes ou exigences sont en lien avec le fait d’avoir des villes de départ et d’arrivée ?

Nathalie Rabat : Il faut prévoir d’accueillir les camions de l’organisateur qui contiennent des barrières pour installer le village départ ou d’arrivée, les véhicules des équipes cyclistes… Et tous ces véhicules doivent arriver par des itinéraires et des tranches horaires bien définis.

Cette année, le fait d’accueillir l’avant-dernière étape et d’être en montagne, comporte des contraintes supplémentaires.  Il y a des exigences de l’organisateur, notamment pour la réouverture de routes. A l’Alpe d’Huez, il y a un accès unique et énormément de visiteurs qui peuvent compliquer le départ des équipes sportives. Or, il faut que les équipes puissent partir rapidement pour être le 26 juillet à Paris. Il faut donc qu’on assure les conditions d’évacuation prioritaire des camions, avant de rouvrir les routes.

A quoi ressemble un lendemain de Tour ?

Nathalie Rabat : Pour les équipes, c’est la continuité de l’étape puisque pour les agents, le travail ne s’achève que le surlendemain du passage. Juste après la course, il y a des éléments qui s’enlèvent assez facilement notamment pour rouvrir rapidement les accès. Mais on doit ensuite nettoyer. Par exemple, les sacs-poubelles que l’on installe au bord des routes, ne doivent pas rester longtemps, particulièrement en montagne où ils pourraient attirer des animaux. Notre travail, c’est de faire en sorte que la fête soit belle, mais aussi d’assurer le retour à la normale.

La sécurité du Tour de France sur les routes iséroises

  • + de 100 agents publics mobilisés sur le terrain

  • 1 200 bottes de paille

  • + de 300 panneaux de signalisation au bord des routes

Par: Caroline Thermoz-Liaudy