La coopération, un secret de la nature

  • Nature

Publié le 21 mai 2026

Dans la nature, la survie ne se joue pas toujours dans la compétition mais dans les alliances les plus surprenantes. De nombreuses espèces tissent des liens étroits et complexes d’entraide et de partage.

Colocation entre blaireaux et renards

Les blaireaux sont de véritables architectes du sol. 

Avec leurs puissantes pattes avant et leurs griffes robustes, ils creusent des galeries de dix à quinze mètres, jalonnées de multiples entrées et de chambres douillettes pour leurs blaireautins. 

Le blaireau partage souvent les galeries inutilisées de son terrier avec le renard, qui y dort ou y élève ses jeunes. 

Un véritable sens de l’hospitalité pour cet animal méconnu.

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© Byrdyak

Repas partagé entre chenilles et fourmis

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© Isère Mag

Pendant l’été, après s’être nourrie de feuilles pendant deux à trois semaines, la chenille de l’Azuré de la sanguisorbe se laisse tomber au sol et imite chimiquement et acoustiquement les larves de certaines fourmis du genre Myrmica

Ces fourmis vont l’alimenter et la protéger pendant neuf à dix mois. 

En échange, la chenille sécrète un liquide sucré très apprécié par ses nourrices !

Coévolution entre trolles et mouches

Dans les prairies humides d’altitude, la trolle d’Europe ressemble à un simple bouton d’or. 

Ses fleurs fermées, inaccessibles aux abeilles et gros insectes, ont pourtant trouvé leur partenaire idéal : la mouche du genre Chiastocheta

Celle-ci visite chaque fleur pour se nourrir et, sans le savoir, assure la pollinisation. 

Mais la complicité va plus loin : la mouche y pond ses œufs, et ses larves se régaleront des graines.

Les nids de pics recyclés par les chouettes et les chauves-souris

Les pics creusent des trous dans les troncs pour y installer leur nid, et chaque année, les abandonnent pour en creuser des nouveaux. 

En l’absence de vieux arbres, ces anciennes cavités deviennent alors de précieux refuges pour une multitude d’occupants : la chouette de Tengmalm adopte les trous du pic noir, tandis que la chevêchette d’Europe utilise ceux du pic épeiche.

D’autres, comme la sittelle torchepot, certaines chauves-souris et de nombreux insectes, profitent également de ces abris pour se reposer ou se reproduire.

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© Géraldine Leduc

À table… vautour, aigle, renard, gypaète mais à chacun son tour !

La mort d’un chamois en montagne déclenche une étonnante chorégraphie :

  1. Le grand corbeau repère la carcasse.
  2. Le vautour fauve ouvre la peau et dévore les tissus mous.
  3. L’aigle royal et le renard roux s’attaquent aux restes.
  4. Le gypaète barbu se régale des os.
  5. Les insectes nécrophages et les fourmis complètent le recyclage.

A chacun son rôle, chaque geste compte. Cette chaîne alimentaire transforme rapidement la matière organique en ressources disponibles, tout en limitant la propagation des maladies.

Rendez-vous dans les espaces naturels sensibles de l’Isère

Pour découvrir tous ces secrets de la nature, le Département vous donne rendez-vous tout l’été dans 50 espaces naturels sensibles avec des naturalistes et animateurs passionnés. 

Par: Arnaud Callec