Publié le 22 juin 2026
Du mont Aiguille au lac de Monteynard-Avignonet, les fleurons naturels du Trièves invitent aux loisirs de plein air et à la découverte, au Musée du Trièves et à la nouvelle Maison de pays.
Entre Vercors et Dévoluy, à 20 kilomètres au sud de Grenoble, ce terroir rural de moyenne montagne égrène ses hameaux et ses villages pittoresques autour de Mens et Monestier-de-Clermont. Le Trièves se caractérise par une terre fertile et des paysages magnifiques au sein d’un amphithéâtre de sommets : le mont Aiguille, le Grand-Veymont, l’Obiou, le Grand-Ferrand… Son économie s’articule autour d’une agriculture vivace et d’un tourisme vert.
Un territoire typé et attractif
Sentinelle et point de repère, changeant de physionomie selon les points de vue, le mont Aiguille marque fortement le paysage. C’est pourtant son voisin, le Grand-Veymont (2 341 mètres) qui constitue le point culminant du Vercors et toise la petite station familiale et paisible de Gresse-en-Vercors. Côté Dévoluy, l’Obiou (2 789 mètres) et le Grand-Ferrand (2 758 mètres) dominent et attirent les randonneurs. Autre attrait touristique, le lac de Monteynard-Avignonet aux eaux turquoise offre un espace de repos prisé et des sentiers pédestres. La baignade est interdite, mais la force du vent fait la joie des amateurs de glisse sur l’eau.
Une nature et une histoire préservées
Sur les 27 communes de ce micro-pays (10 400 habitants), 11 sont situées dans le parc naturel régional du Vercors. Au creux du cirque de Tréminis, on découvre la riche biodiversité de l’espace naturel sensible du marais du Pravet, alternant torrents, prairies sèches et pinèdes. Cette zone de transition climatique, à la limite entre Alpes du Nord et Alpes du Sud, voit fleurir aussi bien le cirse de Montpellier que le délicat populage des marais.
La présence humaine en Trièves est fort ancienne, comme en témoigne le site préhistorique du pas de l’Aiguille. Le territoire garde la mémoire de plusieurs épisodes historiques, dont la présence des huguenots au XVIIe siècle ou l’implication locale durant la Résistance. Et on se souvient que le Trièves a inspiré de grands artistes, tels l’écrivain Jean Giono, son amie l’artiste peintre Édith Berger, le sculpteur Émile Gilioli…
Terre de passage et d’innovation
Les habitants et les visiteurs apprécient ici la qualité de vie et l’authenticité rurale. Tradition et innovation y cohabitent tout comme les natifs et les nouveaux venus, avec leurs idées et leurs vies alternatives.
Si la tradition de l’élevage et des cultures céréalières ou maraîchères perdure, de nouveaux savoir-faire s’invitent, tels que la production de whisky, la torréfaction de cafés et une viticulture de qualité… La présence de Terre vivante, centre écologique à Mens, inspire à la fois les agriculteurs et les architectes. Le tourisme lui-même innove avec des propositions sympathiques, notamment celle du « Trièves sans voiture ».
Depuis les gares de Clelles ou de Monestier-de-Clermont, cyclistes et randonneurs disposent de multiples itinéraires. Au départ de Clelles, choisissez l’un des parcours du mont Aiguille. Rejoignez, par exemple, le hameau de Trézanne, charmant avec sa chapelle au toit de chaume. Partez sur un sentier thématique, sélectionnez une fête de village, un stage, une halte gourmande…
L’école à la montagne, le cas du Trièves
« Trièves cas d’écoles ? Histoires d’écoles au cœur de nos villages » : la nouvelle exposition du Musée du Trièves de Mens raconte comment l’instruction et l’éducation ont imprégné une société rurale de montagne, avec ses contraintes et spécificités, dont la rivalité éducative entre catholiques et protestants. Conçue avec les associations de patrimoine du Trièves, elle s’accompagne d’animations : expositions dans les communes, conférences, projections, balades. Une histoire qui questionne aussi la place de l’éducation dans notre société actuelle. Jusqu’en novembre 2027, du mardi au dimanche de 15 à 18 heures.
Où se balader ? La rando des passerelles himalayennes
Cette randonnée spectaculaire totalise 12 kilomètres et 350 mètres de dénivelé pour environ quatre heures de marche autour du lac de Monteynard-Avignonet, avec vues panoramiques et passages rafraîchissants en sous-bois. Vous traversez le Drac et l’Ébron par des passerelles himalayennes de 220 et 180 mètres de long, suspendues à 80 mètres au-dessus de l’eau. Impressionnant !
En été, privilégiez les jours de semaine pour éviter l’affluence. Départ de Treffort ou de Mayres-Savel (parkings payants). Une traversée commentée de trente minutes en bateau (La Mira, sur réservation) vous mène jusqu’à la rive d’en face où vous entamez votre boucle. Sur le trajet, aires de pique-nique et toilettes sèches.
Une vitrine pour les richesses du Trièves
Les deux fers de lance de l’économie locale, tourisme et agriculture, ont désormais leur vitrine avec l’ouverture au printemps 2026 de la Maison de pays du Trièves, à Clelles, le long de la D1075. Cette construction écologique abrite l’office de tourisme, avec une exposition interactive sur ce territoire cher à Giono et ses différentes composantes.
S’ajoute la Trièvoise, grande boutique de terroir dédiée aux artisans, aux créateurs et aux producteurs locaux. Lieu de rencontres, de dégustations et d’inspirations, la maison met en valeur le savoir-faire local et un agrotourisme vert, dans le même esprit que la belle route des Savoir-Faire en Trièves.
Figures d’ici
Jérémy Roger
Jérémy Roger exerce à Clelles le métier rare de taillandier, forgeron d’outils tranchants pour la terre et le bois - hache de bûcheron, grelinette de jardinier et autres outils anciens, dont les doloires traditionnelles pour la charpente et la tonnellerie. Certains de ces outils ont été utilisés pour restaurer la charpente de Notre-Dame de Paris !
Lisa Bertholdy et Émilie-Cerise Herbin
Lisa Bertholdy et Émilie-Cerise Herbin, mères de famille reconverties en boulangères, animent le Pain sauvage à Monestier-de-Clermont. Installé au sein des Ateliers du chemin (espace partagé avec d’autres artisans), leur fournil produit des pains bio 100 % triévois au levain, aux farines moulues à la meule de pierre et cuits au feu de bois.
06 75 17 54 61
Sylviane Genoulaz
Sylviane Genoulaz, pépiniériste nouvellement installée à Lavars sous l’appellation Les Semis des Tricorii, propose sur les marchés des plants potagers biologiques, dont une belle collection de plants de tomates, des salades et des fleurs comestibles, des herbes à tisane et des plantes aromatiques, tel le délicieux shiso japonais.
06 79 92 62 21