Publié le 06 novembre 2025
Niché à 1 620 mètres d’altitude dans l’Oisans, Villard-Reymond compte une dizaine d’habitants à l’année. Clotilde et Hélios reprennent l’auberge communale, tandis que Cécile cultive depuis dix ans des plantes d’altitude pour en faire des liqueurs.
Une nouvelle vie pour l’auberge de l'Eau Blanche à Villard-Reymond
Pour Clotilde Viatte, 23 ans, et Hélios Demaret Joly, 22 ans, le coup de cœur a été immédiat.
Cinq mois après sa première visite, en avril 2025, le jeune couple prenait possession de l’ancienne école publique, devenue l’unique commerce du village. Une peinture dans la pimpante salle de restaurant évoque la vocation originelle des lieux, jusque dans les années 1960. À la fin du XIXe siècle, une cinquantaine de familles résidait à Villard-Reymond à l’année.
Dans les années 1970, l’ouverture d’une route mieux exposée (l’ancienne, sur l’ubac, était fermée tout l’hiver à cause des couloirs d’avalanche) a contribué au renouveau de la population.
Nous étions en quête d’un lieu où partager notre amour commun de la montagne, quand nous avons vu l’annonce de la mairie pour reprendre l’auberge. Nous sommes venus la visiter en octobre 2024 et avons tout de suite candidaté !
Gérants de L'auberge de l'Eau Blanche
Une douzaine de chalets a remplacé les granges en ruine, des maisons de pierre ont été rénovées. Un téléski de récupération, toujours fonctionnel, a même été installé en haut du village par les anciens.
Depuis la terrasse de l’auberge, face au Grand Renaud (2 776 mètres), la carte postale est idyllique, avec son panorama sur le massif des Grandes Rousses et la vallée du Bourg d’Oisans.
Ouverte tout l’hiver à partir des vacances de Noël, l’auberge propose un service de restauration à base de produits locaux et une formule demi‑pension (16 couchages, avec deux chambres).
La Ferme du Champ Perché
« Grâce à eux, le village a rajeuni d’un coup ! », se réjouit la maire, Chantal Theysset, venue les saluer. Cette agricultrice retraitée, enfant du pays, a elle-même cédé sa ferme à Cécile Andrieux, une ingénieure bois originaire du nord de la France.
L’ambiance du village m’a tout de suite séduite ! Avant de m’installer ici avec mon compagnon, en 2015, j’ai travaillé pendant quelque temps avec Chantal, pour voir s’il était possible de créer une activité viable.
Ingénieure bois
Cécile, qui adore expérimenter, a fait pas mal d’essais de culture maraîchère. Aujourd’hui, la Ferme du champ perché produit essentiellement des liqueurs à base de plantes issues de recettes ancestrales, auxquelles elle a apporté sa touche personnelle : le génépi, le cerfeuil anisé, la menthe ou la rhubarbe sauvage sont cueillis et transformés par ses soins. Cécile confectionne aussi de délicieux biscuits (pour les fêtes de fin d’année ou sur demande). « C’est une vie authentique, il y a de la solidarité. Je n’ai plus envie de repartir ! ».