Publié le 23 janv. 2026
Fruit d’un partenariat entre le musée d’Orsay et le musée Hébert, l’exposition « Amour fou à la Villa Médicis » consacre Gabrielle Hébert en tant que photographe. Ses œuvres seront présentées en Isère dès le 7 mars avant de partir pour Rome.
Gardienne de la mémoire d’Ernest Hébert
Rares sont les portraits de Gabrielle Hébert d’Uckermann, épouse de l’illustre peintre académique. Ernest, de trente-cinq ans son aîné, deux fois directeur de la Villa Médicis à Rome, la peignit seulement par deux fois (dont une à sa demande). Le portrait où elle pose avec son petit chien accueille désormais les visiteurs du musée, aménagé à son initiative dans leur villa de La Tronche – Gabrielle décéda la veille de son inauguration, en 1934 ! Celle qui jamais ne revendiqua le statut d’artiste prit en revanche des centaines de photographies de l’homme à qui elle dévoua sa vie corps et âme, s’attachant à perpétuer son héritage bien après sa mort.
Un journal photographique inédit
“Elle s’est initiée à la photo à leur arrivée à la Villa Médicis, durant l’été 1888, et n’a plus cessé durant son séjour de produire des images de manière compulsive, consignant le lieu, la date, le sujet : elle documente au quotidien le travail d’Ernest à l’atelier, mais aussi, plus largement, toute la vie de l’institution, admire Fabienne Pluchart, directrice du musée Hébert. Les modèles du peintre, les visiteurs prestigieux, les différents pensionnaires, les employés, les animaux, les jardins, les promenades dans la campagne romaine sont saisis chaque saison, avec un regard très moderne. Portraits, nus, paysages, scènes de groupe… elle explore tous les genres.”
Un fonds photographique exceptionnel
Dans les années 2010, le musée Hébert avait déjà mis en lumière les images prises par Gabrielle lors des voyages touristiques du couple en Italie et en Espagne, à dix ans d’intervalle. L’étude des milliers de négatifs sur plaques de verre et des albums retrouvés en 2006 dans le grenier par l’ancienne conservatrice, Laurence Huault-Nesme, a confirmé le caractère exceptionnel d’un fonds photographique dont les œuvres étaient réparties dans les deux musées Hébert, à Paris et à La Tronche, et qui seront bientôt réunies en Isère. “Cette exposition consacre Gabrielle en tant que photographe. Elle nous invite aussi à réfléchir à la place que nous devons donner à son oeuvre à l’occasion du remodelage du musée à l’horizon 2029-2030”, se réjouit Fabienne Pluchart.