Publié le 14 janv. 2026
Jusqu’au 19 avril, la capitale des Alpes célèbre la bande dessinée, avec une grande rétrospective au Musée de Grenoble, un équipement soutenu par le Département. En parallèle, une monographie dédiée à Mickey est présentée au Couvent Sainte-Cécile.
Bécassine, Astérix, Tintin, Popeye, les Bidochon, Lucky Luke… que l’on ait 7 ou 107 ans, que l’on soit un mordu de BD ou pas, ces héros font partie de notre imaginaire collectif. Pour beaucoup, comme pour Michel-Édouard Leclerc, le goût des bulles se forge dès l’enfance. Le distributeur breton se souvient ainsi des longues journées de pluie passées à dévorer les pages de Pif le chien, Tintin, Spirou ou Cœurs vaillants, entre autres illustrés. À l’adolescence, il partagera les aventures de Blueberry, d’Achille Talon ou de Corto Maltese, les gags de Gotlib et de Jean Solé. Une collection de 8 000 œuvres !
Aux origines de l’un des plus grands collectionneurs européens
Bien plus tard, en 1990, quand il commence à rencontrer les dessinateurs au Festival d’Angoulême, celui qui va devenir l’un des plus grands collectionneurs européens acquiert sa première planche : un original de Prince Valiant, de Hal Foster. “J’avais mis le doigt dans l’engrenage, sourit-il. J’ai d’abord accumulé les dessins de manière empirique, au fil de mes visites d’ateliers. À l’époque, il n’y avait pas vraiment de marché. Et puis c’est devenu un acte militant destiné à défendre cet art, avec la volonté de constituer un ensemble cohérent, balayant toute l’histoire mondiale de la bande dessinée, du début du XXe siècle à aujourd’hui. Pour cela, j’ai fait appel à un expert, Lucas Hureau. C’est grâce à lui notamment que j’ai pu intégrer des planches de quelques grands mangakas, au Japon !”
400 planches originales exposées au Musée de Grenoble
Premier musée en France à introduire des planches originales dans sa collection, dans les années 1970 – signées d’auteurs contemporains, tels que Claire Bretécher, Paul Cuvelier, Philippe Druilllet, Mœbius ou Jacques Tardi, le Musée de Grenoble ouvre grand ses murs à un art très populaire.
Riche de plus de 400 planches de 200 artistes européens, américains et japonais de BD, comics et mangas, dont 99 % issues du Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture, l’exposition explore tous les genres sur un siècle de création : comique, aventure, science-fiction, polar, fantasy, horreur, romanesque, récit intime ou érotisme.
Une place toute particulière est accordée à Philippe Druillet, Mœbius et Enki Bilal, trois dessinateurs qui ont marqué chacun leur génération. Une occasion rêvée de rencontrer les superhéros (et leurs créateurs) dans leur intimité.
Mickey entre au couvent
“Comment reconnaître un extraterrestre dans une assemblée ? Il est le seul à ne pas connaître Mickey !” Près de cent ans après sa naissance, la petite souris de Walt Disney et Ub Iwerks reste une icône internationale. Jacques Glénat lui déroule le tapis rouge au Couvent Sainte-Cécile, à travers 180 planches originales et objets rarissimes.
L’œil ému, on assiste aux premiers pas de Mickey Mouse et de sa chère Minnie dans le premier dessin animé sonore de l’histoire, en 1928. Trois ans plus tard, la vedette se met à la page, d’abord dans des magazines, avec les comic strips (bandes) puis dans des albums. La collection de jouets, « pouet-pouet » ou ballerines Mickey réunis par Glénat mérite à elle seule la visite !