Publié le 21 janv. 2026
Deux euros un repas complet, parfois 100 % local ou bio pour tous les collégiens, défi impossible ? Pas en Isère. Malgré la hausse des coûts et un contexte budgétaire difficile, le Département maintient ce tarif en faveur des familles et du bien-manger.
Un tarif unique, un choix assumé
Dans le brouhaha du self, entre rires et discussions, les élèves remplissent leur plateau. Chaque jour, près de 38 000 collégiens déjeunent dans les 97 collèges publics de l’Isère, pour un tarif unique et inchangé depuis 2021 : 2 euros. Un choix politique assumé, le coût réel d’un repas avoisinant les 8 euros : les 6 euros restants sont pris en charge par la collectivité, soit 32 millions d’euros en 2025.
Ce montant est renouvelé pour l’année 2025/2026, suite au vote du budget par notre assemblée départementale en décembre dernier. Nous avions promis ce tarif solidaire de 2 euros, nous le tenons. Il garantit l’égalité d’accès à un repas équilibré et soutient le pouvoir d’achat de toutes les familles.
Vice-présidente du Département en charge de l’éducation.
Une organisation millimétrée
Pour relever le défi malgré la hausse des coûts, les équipes de restauration se mobilisent chaque jour. Dans les coulisses, l’organisation est millimétrée : huit cuisines mutualisées élaborent chaque matin plusieurs milliers de repas livrés dans 70 collèges, tandis que 22 établissements cuisinent directement sur place. Au total, 400 agents ETP (équivalents temps plein) veillent à la préparation, à la qualité et au service. “On travaille au plus juste, mais avec des produits de qualité, toujours en privilégiant le goût et l’équilibre nutritionnel”, souligne Thierry Reyboz, responsable de la cuisine mutualisée à Pont-de-Chéruy.
Le local et le bio au cœur de l'assiette
Chaque jour, les menus intègrent en moyenne 63 % de produits locaux ou bio, avec un cap fixé à 100 % en 2028. Le Département s’appuie pour cela sur sa centrale d’achat, qui permet des économies d’échelle et une optimisation logistique, tout en garantissant des volumes importants et des prix stables aux producteurs du territoire.
Dans les assiettes, les élèves retrouvent ainsi des légumes de saison cultivés parfois à quelques kilomètres du collège, des viandes labellisées ou encore des fromages et des yaourts fermiers. “Les élèves apprécient les produits locaux. On les sensibilise au lien avec les filières iséroises, notamment lorsqu’on organise des rencontres avec les producteurs”, poursuit Thierry Reyboz.
Moins de gaspi, plus d’économies
La lutte contre le gaspillage fait également partie des priorités : ajustement des portions, sensibilisation, retours quotidiens des établissements… En dix ans, la quantité jetée par plateau a été réduite de plus de moitié, favorisant des économies et réduisant l’impact environnemental.
En maintenant le tarif unique à 2 euros tout en renforçant la qualité, le Département montre qu’une restauration scolaire exigeante peut demeurer accessible. Reste désormais à poursuivre la marche vers le 100 % local ou bio et à consolider les efforts contre le gaspillage, deux chantiers qui dessinent déjà la cantine de demain.