L’aviron en mode Lite

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À Pontcharra, Liteboat fabrique des bateaux d’aviron uniques en France. Grâce à des procédés de fabrication innovants leur offrant légèreté et stabilité, ils se distinguent par leur facilité d’usage. Sur les plans d’eau isérois, mais aussi internationaux.

Photographie
Chaque année, 250 bateaux sortent de l’atelier de Liteboat.

Liteboat réinvente la pratique de l’aviron

Trop contraignant, l’aviron ? C’est au retour d’une traversée de l’Atlantique à la rame, en 2009, que le navigateur Mathieu Bonnier eut une intuition : l’aviron peut s’affranchir de cette image grâce à des bateaux plus légers, plus stables et faciles à transporter. Sa société Liteboat, qu’il fonde en 2014 à Pontcharra, relève le pari. Depuis, elle en a vendu près de 3 000, dans une quinzaine de pays !

L’aviron plus stable, sans renoncer à la performance

“Le frein de l’aviron, c’est avant tout la peur de se retourner, rappelle Brice Lafaye, qui a repris l’entreprise en 2024. Nos bateaux sont plus courts et plus larges que la moyenne donc plus stables, mais on ne lésine pas sur la performance.” Un de ses produits phares, le Liteboat 5.0, offre ainsi une raideur appréciable favorisant la glisse, et ce pour le plus grand nombre, particuliers ou jeunes en club. Il s’adresse aussi bien aux débutants qu’aux rameurs confirmés quand le plan d’eau est agité. Long de seulement 4,6 mètres (contre 6,5 mètres pour les embarcations « classiques ») pour 24 à 30 kilos (selon s’il est en fibre de verre ou en aluminium), il est destiné également à tous les gabarits, de 45 à 130 kilos. “Polyvalent et simple d’utilisation, il est à l’image des bateaux de notre gamme loisirs, qui peuvent être portés par un adulte seul et voyager sur le toit d’une voiture”, poursuit Brice Lafaye

Simplicité d’usage et efficacité

Acteur majeur des compétitions d’aviron en mer – Yvan Bodet, champion de France en 2024 navigue sur ses bateaux –, Liteboat a appliqué son concept de simplicité d’usage à sa gamme Racing. “Ils sont toutefois plus lourds et plus longs que les modèles grand public”, précise le PDG de l’entreprise. Autre segment, des bateaux conçus pour l’aventure et la voile-aviron (la la Race to Alaska,1 200 kilomètres à la rame et à la voile). “Nous les souhaitions très légers et efficaces grâce à des lignes tendues, permettant de limiter la traînée. Les modèles LiteXP n’ont pas besoin de beaucoup de surface de voile pour aller vite”, explique Sam Manuard, l’architecte naval de la maison, bien connu des compétiteurs français.

Un savoir-faire français tourné vers l’innovation

Les 250 bateaux produits chaque année par Liteboat sont le fruit d’un process associant étapes manuelles et mécaniques, avec pas moins de 100 gestes pour la fabrication d’un modèle une place. “Un savoir-faire 100 % français”, pointe Brice Lafaye, qui se félicite d’avoir même rapatrié la production des portants des bateaux (naguère au Royaume-Uni), avec un sous-traitant situé dans le Pays voironnais. Comme quoi, l’aviron, c’est aussi regarder en avant ! 

Les mille vertus de l’infusion

Dans l’atelier de Liteboat à Pontcharra, l’innovation le dispute au savoir-faire traditionnel. “Notre technique dite d’infusion nous permet d’injecter la résine sous vide dans les fibres. Il n’y a donc pas d’air dans le sandwich composite, et on peut contrôler la quantité exacte injectée et jouer sur la rigidité de l'embarcation. Nos modèles bénéficient ainsi d’une qualité supérieure par rapport aux bateaux traditionnellement construits au contact.” L’atelier de Liteboat a par ailleurs été lauréat en 2017 du trophée « Risques chimiques pros » de la Carsat, saluant son engagement pour limiter l’exposition de ses 10 collaborateurs aux produits dangereux grâce à cette injection en circuit fermé.

Par: Frédéric Baert