Publié le 07 juill. 2026
Le Président du Département Jean-Pierre Barbier et le Président de l’association Etangs Isère Patrice Clavel-Morot ont signé le 6 juillet le renouvellement de la « Charte pour Maintenir, préserver et valoriser les étangs du Dauphiné » à l’étang Junel.
Vos démarches
Agir pour préserver et valoriser les étangs
Pour préserver les étangs et enrayer la perte de biodiversité liée aux milieux humides, le Département a renouvelé en 2025, pour trois ans, la Charte permettant de « préserver, maintenir et valoriser les étangs du Dauphiné » avec l’association Etangs Isère, l’Association pour le Développement de l’Aquaculture et de la Pêche Professionnelle en Rhône-Alpes (ADAPRA) et la Chambre d’agriculture de l’Isère. Pour rappel, la première Charte avait été adoptée par l’Assemblée départementale en janvier 2020 pour une durée de 5 ans.
Cette signature avait également pour objectif de faire connaître cette Charte localement, à l’instar de la Chambre d’agriculture de l’Isère, qui l’a adoptée en 2025. C’est pourquoi d’autres partenaires ont été invités à se joindre à sa mise en œuvre, comme les collectivités, les syndicats (ou établissements) chargés de la gestion des rivières, les chambres consulaires, les fédérations de pêche et de chasse.
Cette Charte promeut les pratiques de gestion extensive et traditionnelle des étangs pour éviter la banalisation et la dégradation des milieux naturels associés aux étangs, conserver leurs autres fonctionnalités, préserver et transmettre ce patrimoine historique et paysager sur le long terme. Elle vise également la structuration d’une filière piscicole et plus globalement la valorisation de leurs rôles auprès des propriétaires et du public.
Conçue pour proposer des outils très pratiques aux propriétaires d’étangs, la Charte scelle un partenariat fort, dans lequel le Département prend en charge 80 % du poste d’un technicien de l’ADAPRA (Association pour le Développement de l’Aquaculture et de la Pêche Professionnelle en Rhône Alpes), mis à disposition d’Etangs Isère.
Ce technicien intervient directement auprès d’une vingtaine de propriétaires par an, afin d’évaluer les besoins fonctionnels de chaque site, au regard de la nouvelle réglementation notamment. La réalisation de ce diagnostic permettra ainsi d’évaluer les investissements à réaliser (réalisation de vidange, préservation de l’environnement…), avec l’appui financier du Département.
Depuis la mise en place de la Charte, près d’une centaine de diagnostics ont été effectués, 53 dossiers de vidange et reconnaissance d’antériorité ont été déposés auprès des services de l’Etat et 35 étangs ont été bénéficiaires d’aides pour la réparation des ouvrages et la renaturation des berges. Lieu de la signature, l’étang Junel a lui-même fait l’objet de travaux pour un montant total de 13 400 € (réalisation d’une vidange, d’un assec, d’un renforcement et élargissement de la digue)…
Le Département a apporté 120 000 euros d’aides par an en moyenne depuis 2020, à la fois pour l’aide au poste de technicien, les aides aux investissements sur les étangs privés et publics, l’équipement en matériel de travaux et de vidange d’Etangs Isère, sans oublier un volet étude et diagnostic réalisé par l’ISARA, l’école d'ingénieurs en agronomie, agroalimentaire et environnement.
Les étangs, un patrimoine isérois historique en péril
Les étangs en Isère sont présents, pour certains, depuis le Moyen Age et ont été créés à l’origine par les moines cisterciens pour l’élevage de carpes afin de nourrir les habitants, notamment dans le massif des Bonnevaux. Ces milieux humides servent de réserves d’eau, d’atténuateurs de crue, de filtration. Ils renferment également une biodiversité exceptionnelle, abritant parfois des espèces rares, voire menacées. Ils font, qui plus est, partie du patrimoine paysager et culturel du Dauphiné.
Si le nombre d’étangs reste encore très important, ceux-ci pourraient tendre à disparaître. Ce sont en effet les pratiques de gestion traditionnelles fondées sur des vidanges périodiques et des assecs qui ont assuré au fil du temps le maintien de leurs fonctions. Or, l’absence de vidange et le défaut d’entretien conduit, à terme, à la dégradation des installations, ce qui peut occasionner une rupture de digue. L’évolution de la règlementation complexifie également la gestion des étangs, le poids et la technicité des procédures pouvant être un frein pour les propriétaires privés ou publics. D’où l’importance de cette Charte.
Chiffres clés
-
120 000 euros d'aides par an depuis 2020
-
53 dossiers de vidandes et reconnaissance d'antériorité déposés
-
35 étangs bénéficiaires d'aides